Pourquoi je ne suis pas à La Nuit sur l’étang

Pour ma génération, La Nuit sur l’étang c’est un show rock parmi tant d’autres. C’est un show rock auquel on associe une certaine mythologie, puisqu’on nous dit que ça a déjà été autre chose qu’un simple show.

Ça a déjà été une soirée de party, un rassemblement, une célébration de l’art, de la musique, de la poésie, du théâtre. Me semble que c’était une façon de se faire notre propre Nuit de la poésie. Me semble que c’est censé représenter «la folie collective d’un peuple en party», non?

J’ai souvent ressenti un devoir, ou une obligation personnelle d’aller à La Nuit. Pas nécessairement pour les artistes, qui souvent ne m’intéressaient pas, mais pour avoir l’impression de participer à quelque chose. J’y allais, soit comme bénévole, soit comme consommateur, et j’étais souvent déçu. Pas nécessairement par les artistes, qui malgré leur anonymat relatif et/ou leur manque de compréhension du contexte donnaient des bonnes performances, mais par le manque de party, le manque de dynamisme, la banalité de la chose.

J’y allais, principalement (malheureusement) pour démontrer que les jeunes participaient encore à la culture franco-ontarienne.

Il y a quelques années que je ne suis pas allé à La Nuit sur l’étang. Ce n’est pas entièrement de ma faute, je n’habitais plus à Sudbury. Bien sûr, j’aurais pu faire la route et revenir voir ma famille pour une fin de semaine, mais tant qu’à faire 8 heures de route, je pouvais voir d’aussi bons, sinon de meilleurs shows à Montréal. D’après ce que m’ont raconté mes amis sudburois lors de mon exil, je n’ai pas manqué grand-chose. J’ai manqué quelques shows rock.

Revenu maintenant dans mon cratère, dans mon étang, dans mon talus de bleuets, je ne ressens plus ce besoin d’aller à La Nuit sur l’étang. Je ne ressens plus ce besoin de prouver que les jeunes s’impliquent; on l’a prouvé avec taGueule, on l’a prouvé avec des shows de Malajube, de Dumas, des Vulgaires Machins, on continue de le prouver et en ce sens, je ne suis plus aussi inquiet que je l’ai déjà été sur la place des jeunes dans la communauté. Mais à travers tout ça, notre folie collective ne passe plus que par La Nuit sur l’étang.

En cette 39ième Nuit sur l’étang, j’ai autre chose à faire. J’ai déjà vu en spectacle la plupart des artistes invités, et je n’ai pas envie de voir un show rock parmi tant d’autres.

  • AlexandreDisqus

    Dommage, tu as manqué un bon show! Ça a inclus des moments magiques par Tricia Foster et Patricia Cano.

  • Pseudo Anonymus

    Je suis d’accord avec toi, Félix! Moi aussi je n’y étais pas cette année et j’en ai ressenti une certaine culpabilité (surtout si l’on considère la disponibilité d’écouter le spectacle par l’entremise de Facebook).  Les « after party » ne sont pas ce qu’ils étaient déjà; ils sont maintenant réservés aux proches des artistes, et non plus pour le monsieur et madame tout l’monde (et il se peut que je sois erronée). Nous n’avons pas beaucoup de différence d’âge, toi et moi, mais je me souviens, pendant ma jeunesse, que La Nuit pettait un sacré party! Pour les jeunes, et les moins jeunes. 
    J’imagine que nos changements de société (conduite au volant en état d’ébriété, parmi tant d’autres) n’aident pas la cause.

  • GabrielGrenier

    La Nuit est morte il y a longtemps. Il est temps de se faire un autre party à nous!

    • Tetardette

       La Nuit est morte? Pourquoi tu t’impliques pas? Pas besoin de créer un nouveau rassemblement, la machine est déjà en place, faut juste que les gens s’intéressent à le changer il me semble!

      • La machine est peut-être déjà en place. Cela ne veut pas dire qu’elle fonctionne très bien. Un char qu’on laisse traîner dans un champ (ou un étang même) commence à rouiller si on le laisse là. 

        Souvent, c’est mieux de juste aller se trouver un nouveau char. 

        Est-ce que La Nuit est morte? Non, je ne pense pas. Pas complètement encore en tout cas. 

        A-t-elle besoin de travail pour atteindre les buts qu’elle se donne? Oui, beaucoup.

        Est-ce que c’est la faute des jeunes qu’elle est ainsi? Absolument pas. Je peux affirmer qu’il y’a plusieurs jeunes qui y participent, mais de là à voir s’ils sont écoutés lorsqu’ils proposent des idées, c’est toute une autre histoire.

        Voici ce que j’en pense VRAIMENT : http://tagueule.ca/2012/03/31/la-nuit-sur-letang-2012-vision-assechee/

  • C’est pour ça qu’il faut aller boire d’la bière au Festival du Loup!!!!!

  • Je pense que vous manquez le bateau ici… ce qui fait un bon party n’est pas nécessairement le spectacle mais les gens qui y sont. Je suis déçu du fait que mes « amis de la Nuit » n’étaient pas là pour faire le party avec moi. Pour ceux qui n’étaient pas présents, c’est un peu votre problème. Le spectacle cette année était excellent! Le peu de personnes qui étaient là peuvent le constater.

    Cette année était ma 26e Nuit consécutive et je dois dire que j’ai eu beaucoup de plaisir. De plus, j’y ai amené 18 élèves qui ont maintenant une mémoire positive d’une soirée franco-ontarienne hors-pair. Une autre étape dans leur construction identitaire. La qualité des spectacles cette année était très élevée (j’ai par contre été déçu de Tricot-Machine qui a vraiment diminué l’énergie dans la salle).

    Je suis d’accord que le « happening » qu’était La Nuit sur l’étang a disparu depuis quelques années. D’après moi, l’effort d’essayer d’inclure les jeunes et plus tard de ramener les « vieux d’la vieille » est coupable de la diminution du public.

    Au lieu de critiquer et de ne pas donner de solution, voici ce que je propose pour revitaliser La Nuit dès la 40e de l’an prochain:

    -Ramener les autres arts sur scène (théâtre, poésie, slam, photographie, peinture, sculpture, etc.).
    -Rallonger la journée (en faire un VRAI festival). Débuter la journée par une déjeuner aux crèpes, par exemple.
    -Avoir des artistes en création toute la journée.
    -Impliquer des amateurs pour attirer les familles (élèves, théâtre communautaire, etc.)
    -Continuer la Nuit pour que le party se déroule toute la Nuit! J’aimerais revenir en autobus après le déjeuner du dimanche.
    -Impliquer les jeunes dans l’organisation.

    Finalement, ce qui doit revenir est un « happening ».

    Donnons-nous le droit de vivre « une folie collective »! Ramenons le « peuple en party »! Poussons les organisateurs de La Nuit (qui cherchent des idées pour la 40e à ce que je sache) à organiser un happening l’an prochain.

    Voilà mon 5¢.

  • Pingback: La Nuit sur l’étang 2012 : vision asséchée » TAGUEULE!()

  • Une petite mise à jour face à l’impact de La Nuit 2012 sur la construction identitaire franco-ontarienne des élèves du secondaire. Aujourd’hui, et complètement hors contexte, une élève (que je pensais qui n’avais pas vraiment apprécié la Nuit) m’a dit « Je manque La Nuit… J’ai tellement hâte à l’an prochain! » J’ai procédé à lui expliquer les discussions entamées sur ce site. Elle semblait émue du fait qu’il y avait des gens questionnait l’aspect « party » de La Nuit. (en passant, toute cette discussion s’est faite EN FRANÇAIS)

    Elle avait l’air vraiment intéressée de voir d’autres formes d’art présents à la Nuit et aussi, ça vient complètement de cette élève, elle m’a dit que La Nuit devrait commencé le vendredi soir pour terminer dimanche… en faire vraiment un festival d’un pleine fin de semaine.

    Intéressant comme réflexion!!! Venant directement d’une élève du secondaire.