Je suis tanné

Je suis tanné qu’on me parle d’assimilation.
Je suis tanné qu’on parle de l’assimilation dans les médias québécois. Le but de ces reportages n’est pas d’informer, c’est de faire peur.
Je suis tanné d’être la personnification des peurs des Québécois face à la fin possible, plausible, probable, éventuelle, inévitable et certaine du fait français en Amérique.
Je suis tanné de dire aux Québécois qu’il y a des francophones au Manitoba.
Je suis tanné de leur faire comprendre aussi que mes parents ne sont pas nés au Québec. Je suis tanné d’expliquer que nous y sommes depuis des générations et que nous n’avons ni le goût, ni le besoin de déménager au Québec pour vivre en français.

Je suis tanné d’être un animal exotique dans un pet-shop.
Je suis tanné d’être une curiosité.
Je suis tanné qu’on me dise que je suis un francophone «hors» Québec. Je ne suis pas à l’extérieur de quoi que ce soit.
Je suis tanné qu’on dise qu’il y a un million de francophones «hors» Québec. Ce n’est pas vrai : il y en a 300 millions.
Je suis tanné qu’on me demande où sont mes bottes et mon chapeau de cowboy.
Je suis tanné qu’on me demande si les nuits sont longues à Winnipeg.
Je suis tanné de Pierre Lalonde.
Je suis tanné de corriger les gens : Gabrielle Roy et Daniel Lavoie ne sont pas des Québécois.
Je suis tanné que notre culture semble souvent se résumer à ces deux figures.

Je suis tanné d’écouter les médias québécois. Je me fous éperdument de la congestion des ponts à Montréal.
Je suis tanné d’écouter la télévision québécoise. J’en ai rien à cirer des nouvelles « régionales » provenant du Québec. Une décision du conseil municipal de Victoriaville ne constitue pas, à mon sens, une nouvelle «nationale.»
Je suis tanné d’avoir seulement deux ou trois heures d’antenne à Radio-Canada qui soient produites ici.
Je suis tanné qu’à la météo de Radio-Canada, il y ait 2 cartes pour les provinces atlantiques (pourtant, il y a 4 provinces), 6 cartes pour le Québec, 2 cartes pour l’Ontario et 1 carte pour le reste (environ la moitié du pays.) Comme quoi la météo à Vancouver et Winnipeg est sensiblement la même.
Je suis tanné de ne pas me reconnaître à la télévision francophone.
Je suis tanné de ne pas m’y identifier.
Je suis tanné que nos histoires et nos visages n’y sont pas.
Je suis tanné que nous soyons réduits à des magazines culturels où nous nous «amusons» en français.
Je suis tanné de me faire passer pour un cave.

Je suis tanné que nos produits culturels ne soient pas disponibles partout au pays, y inclus au Québec.
Je suis tanné que notre littérature ne soit pas connue.
Je suis tanné de voir nos artistes s’exiler au Québec.
Je suis tanné de voir nos artistes préférer pratiquer leur art en anglais.
Je suis tanné qu’on me demande si c’est difficile de faire du théâtre en français au Manitoba. Je ne sais pas. Est-ce que c’est difficile de faire du théâtre à Montréal?

Je suis tanné de faire les choses «pour la bonne cause».
Je suis tanné de voir des spectacles de piètre qualité pour appuyer «la bonne cause». En soutenant ces derniers, nous perpétuons, normalisons et édifions la médiocrité.
Je suis tanné du manque d’esprit critique. Selon moi, une société qui évolue dans l’absence de la critique est vouée à la médiocrité.

Je suis tanné de la francophonie de souche.
Je suis tanné des «pures laines».
Je suis tanné de la xénophobie, de la ségrégation, de la discrimination et du racisme.
Je suis tanné des fascistes.
Je suis tanné de la hiérarchie de la francophonie et de l’élitisme.
Je suis tanné de l’intolérance. D’ailleurs, je ne tolère plus l’intolérance.
Je suis tanné de la fermeture d’esprit. Qui est plus ouvert d’esprit? Des parents anglophones (qui ne parlent pas un traître mot de français) qui décident d’inscrire leur enfant à une école d’immersion pour que leur enfant puisse s’épanouir sur les plans culturel et linguistique ou le francophone qui doute que ce dernier veuille seulement apprendre le français pour s’assurer d’avoir un futur emploi dans la fonction publique?
Je suis tanné du cynisme.
Je suis tanné qu’on dise qu’il y a trop d’anglais dans nos écoles. Tous les adolescents veulent faire partie de la «gang.» Ils veulent appartenir à quelque chose. Lorsque vous évoluez dans un milieu anglophone, n’est-ce pas tout à fait normal de vouloir appartenir à cette «gang»?
Je suis tanné qu’on dise qu’on naît francophone. C’est faux. Dans une situation minoritaire, nous choisissons d’être francophones. Et c’est un choix tout à fait illogique et déraisonné. Pourquoi choisissons-nous consciemment de vivre en marge de la société dans laquelle nous évoluons? C’est un choix émotif, pas du tout logique.
Je suis tanné qu’on dise qu’il y en a qui ont choisi de ne plus parler français. L’ont-ils vraiment choisi?

Je suis tanné que les étudiants de l’immersion se sentent inférieurs et qu’on dise qu’ils viennent diluer la qualité de la langue, qu’ils représentent une menace, qu’ils viendront nous contaminer, qu’ils sont un virus à éradiquer.
Je suis tanné qu’ils ne se sentent pas bienvenus.
Je suis tanné qu’ils se sentent exclus de l’espace francophone.

Je suis tanné qu’on parle des Anglais sans savoir de qui on parle. Ici, les Anglais ne sont pas tous Anglais : ils sont Ukrainiens, Polonais, Juifs, mennonites, Russes, Allemands, Irlandais, Écossais, Islandais et j’en passe.
Je suis tanné qu’on parle de la masse anglophone comme s’il s’agissait d’un monolithe.
Je suis tanné qu’on parle du Québec et de la France comme s’il s’agissait de monolithes.
Je suis tanné des monolithes.

Je suis tanné que les Québécois qui viennent s’installer ici ne se sentent pas chez eux. Idem pour les Français.
Je suis tanné qu’on ne fasse pas plus d’efforts pour intégrer les immigrants «africains.»
Je suis tanné qu’on dise immigrants «africains». L’Afrique est un grand pays (sic.) Prétendre qu’ils sont tous pareils est faux. Si vous avez des doutes, vous n’avez qu’à vous rappeler que les Européens ne sont pas tous pareils. Les Français et les Allemands ne se sont pas toujours bien entendus, à ce que je sache. Idem avec les Anglais.
Je suis tanné du «Speak White».

Je suis tanné de l’extrémisme, du militantisme, du fondamentalisme francophone.
Je suis tanné du dogmatisme, de l’intolérance et de l’intransigeance.
Je suis tanné du fanatisme et des gens qui nous exhortent à adhérer à des principes d’une doctrine dite francophone. La francophonie et la défense de celle-ci ne sont pas une religion. J’espère que nous n’avons pas remplacé les soutanes de la Grande Noirceur par des vestons cravates.
Je suis tanné des grands sorciers et des oracles qui occultent la vérité avec leurs rapports et leurs statistiques.

Je suis tanné d’avoir le sentiment que je n’en fais jamais assez, que je doive toujours en faire plus, que je doive toujours faire un effort.
Je suis tanné de la pression, du stress, et surtout du jugement des autres.

Je suis tanné du ton moralisateur chez certains francophones.
Je suis tanné des prétentieux qui pensent mieux savoir ce qui est bon ou mauvais pour moi.
Je suis tanné de me faire dire comment je devrais vivre ma vie.

Je suis tanné que le français soit tellement un «guilt trip».
Je suis tanné de me sentir coupable quand je parle anglais.
Je suis tanné de me faire dire que je parle tout croche, que je parle avec un accent, que j’utilise way too much d’anglais or que c’est pas alright de talker pis de hang-outter avec mes buds avec une beer, en franglais.
Je suis tanné qu’on me corrige constamment.
Je suis tanné de me promener avec un Bescherelle pis un Petit Robert dans ma poche arrière.
Je suis tanné de conjuguer le participe passé.

Je suis tanné qu’on me parle d’exogamie.
Je suis tanné qu’on me demande si mon épouse parle français.
Je suis tanné qu’on lui réponde en anglais même si elle comprend le français.
Je suis tanné qu’on me demande si on parle français à la maison.
Je suis tanné qu’elle se sente exclue, même dans ma propre famille.
Je suis tanné qu’on me demande si mon fils parle français. Il a deux ans. Il parle en «Bébé.»

Je suis tanné de l’ignorance.
Je suis tanné de l’arrogance.
Je suis tanné de la suffisance.

Je suis tanné d’expliquer, de revendiquer, de défendre.
Je suis tanné de me battre.

Je suis tanné de toujours être sur le point de disparaître.
Je ne suis pas un lapin.

Je suis tanné de mourir.

  • Je suis tannée de la généralisation.
     
    Je suis tannée qu’on prenne les québécois pour des imbéciles, alors que beaucoup d’entre eux savent DÉJÀ tout ce qui est mentionné dans ce billet.
     
    Je suis aussi tannée de ceux qui ne comprennent pas que les particularités linguistiques d’une province à l’autre sont différentes et qui ne semblent pas accepter l’existence de régionnalismes.
     
    Je suis tannée que les gens confondent emprunts et assimilation. L’emprunt est une réalité linguistique qui existe depuis que le langage est langage. Pas depuis que le Canada a été conquis par les anglais. (Non, mais!)
     
    Je suis aussi tannée que les gens ne comprennent pas que la langue officielle d’une province n’est qu’une réalité virtuelle, que c’est de la fiction. Les documents officiels sont peut-être dans cette langue, mais ce qu’on entend dans la rue est différent.
     
    Je suis tannée qu’on se ferme les yeux sur le phénomène de diglossie, en préférant utiliser le mot « assimilation » incorrectement.
     
    Je suis tannée de l’ignorance crasse des gens par rapport aux divers phénomènes linguistiques, ignorance qui favorise l’incompréhension et l’ostracisation. Des notions de base sur ce qu’est le langage, les régionnalismes et sur les emprunts ne seraient pas de refus.

    Je suis tannée qu’on se permette de dire qui est « digne » d’être considéré comme un « vrai » francophone, alors qu’effectivement, nous sommes plusieurs millions à partager le même code linguistique.

    • AlexandreDisqus

      « Diglossie »!

      Je m’informe sur Wikipédia.

      Merci d’enrichir mon vocabulaire et mes connaissances de concepts sociolinguistiques.

  • jstpierre

    Je suis tanné des gens qui chialent sur ces sujets. 

  • L’auteur a-t-il aussi des solutions à proposer pour régler certains des « problèmes » qu’il identifie?

  • Lsd82

    Je suis tanné de me sentir de plus en plus exclus du pays de mes ancêtres.
    Je suis tanné de voir la face de la reine dans mon porte-feuille qui me rappelle qu’on est une ostie de colonie.
    Je suis tanné de voir des émissions canadiennes-anglaises qui porte le mot « Canada » et que le Québec est exclu.
    Je suis tanné de me faire traité de raciste parce que je demande d’être servi en français à Montréal.
    Je suis tanné d’être obligé d’expliquer que non, je ne suis pas raciste, j’ai vécu plusieurs années ailleurs dans le monde, que je parle couramment trois langues et je peux me débrouiller dans deux autres.
    Je suis tanné d’avoir un coloc unilingue anglais qui ne veut pas apprendre le français parce que ça sert à rien.
    Je suis tanné de me faire faire des blagues de «speak white» à McGill.
    Je suis tanné de vivre sur un continent où la diversité n’est que dans les noms de familles, la couleur de peau et les restos.
    Je suis tanné de l’impérialisme culturelle anglo-saxon.
    Je suis tanné de ne pas pouvoir expliquer la différence entre le Canada et les États-Unis.
    Je suis tanné des WASP, des rednexx et autres réactionnaires qui veulent revenir à l’Amérique des années 50.

    Je suis tanné de trouver la politique canadienne, québécoise et municipale est de la marde.
    Je suis tanné de voir Harpeur se crisser du Québec.
    Je suis tanné des CONservateurs de se crisser de l’environnement.
    Je suis tanné de voir le gouvernement cracher sur la démocratie.
    Je suis tanné de voir Jean Charrue se crisser du Québec.
    Je suis tanné de voir le PLQ se crisser de la démocratie.
    Je suis tanné de voir Line Danslechamp se crisser des étudiants
    Je suis tanné d’être obligé de me distancer du Canada quand je suis ailleurs.
    Je suis tanné d’avoir honte d’être canadien.
    Je suis tanné de n’avoir aucune fierté d’être québécois.
    Je suis tanné des réactionnaires.
    Je suis tanné de voir le signe de la piasse être élevé en croix.
    Je suis tanné qu’on soit dirigé que par des gens qui ne pensent qu’au cash.

    Je suis tanné de l’argent.
    Je suis tanné qu’on me fasse accroire que la toute nouvelle fragrance de savon vaisselle va régler mes frustrations.
    Je suis tanné de voir des gens riches heureux dans les pubs.
    Je suis tanné de ne pas m’identifier dans les publicités.
    Je suis tanné de ne pas m’identifier dans la télévision.
    Je suis tanné de Martinoneau.
    Je suis tanné de Québécor.
    Je suis tanné de Gesca.
    Je suis tanné du manque de diversité médiatique.
    Je suis tanné des remakes de films hollywoodiens.
    Je suis tanné du manque de diversité d’idée.

    Je suis tanné qu’on consomme comme des cons quand la terre se crève.
    Je suis tanné d’entendre dire que l’écologie nuit à l’économie.
    Je suis tanné qu’on veule nous faire croire qu’un VUS peut être écologique.
    Je suis tanné de l’individualisme, quand, criss, les défis qui nous attendent sont collectifs.

    Je suis tanné qu’on demande au plus pauvres de faire leur juste part pendant que des millionnaires se bourrent le cul avec notre argent.
    Je suis tanné de voir le Canada s’américaniser.
    Je suis tanné de voir le Québec faire du surplace.
    Je suis tanné de voir qu’on demande aux jeunes de faire leur juste part, leur juste part de quoi? Des partys qu’ils n’ont pas vécu parce qu’ils étaient trop jeunes ou même pas nés?
    Je suis tanné des babyboomers qui contrôlent trop la politique.
    Je suis tanné de la génération X qui est plus vieux jeux et réactionnaires que la génération d’avant les babyboomers.
    Je suis tanné d’entendre dire que les jeunes sont des bébés gâtés, qu’ils ont la vie facile. Criss, j’espère que mes enfants et les générations qui me suivent auront la vie plus facile que la mienne!
    Je suis tanné d’avoir fini mes études depuis six ans et toujours vivre de contrats à contrats.

    Je suis tanné d’être frustré.

    Je suis tanné d’être dégouté par ma société.

    • Diethylamide

      Merci, LSD82… Je ressens bien tout ce que tu dis, et pourtant, je suis de la génération Y.

    • Wow, sors de ma tête!

    • NiLaforge

      Si t’es si tanné alors change de « tune »…

    • Bravo! 

  • Hugo Shebbeare

    Love it Michel, it is good to vent, pretty nice bitch fest 🙂
    Moi, je suis tanné de la loi 101 ! ‘Je me souviens’ les palmarès Top 20 de la loi 101 sacrée qui nuit à la société Québécoise.http://dbhive.blogspot.ca/2012/04/top-twenty-reasons-why-bill-101-is.html  

  • adescartes

    Je suis tanné donc j’existe…

  • En fait, tu es tanné de ton status de minorité incapable de se payer les infrastructures culturelles qui te permettraient de vivre ton identité comme tu le voudrait et qui assurerait la pérennité de ton peuple. Mais tu ne le peux pas parce que vous n’avez pas une masse critique le permettant. Votre taux d’assimillation à l’anglais est tel que vous serez disparus d’ici 40 ou 60 ans. C’est pour ça que les Daniel Lavoie viennet ici au Québec. Ici ils peuvent vivre de leur art. Il va te falloir faire des choix : Soit tu acceptes ton status et te résignes à disparaitre d’ici quelques années ou alors tu viens vivre au Québec et tu nous aides dans notre lutte pour un pays francophone indépendant en Amérique. mais ce n’est pas en pleurnichant et t’appitoyant sur toi-même tout en refusant de te battre à nos cotés que tu améliorera le sort des franco-manitobains. Louis Riel est mon frère. Il est de ceux qui furent injustement traités puis tués à cause de leur identité. Il a bien plus en commun avec le peuple Québécois qu’avec la majorité anglos-manitobaine. Le Québec a toujours tendu la main aux francophones hors Québec. mais ces derniers préfèrent généralement refuser et s’assimiler. C’est votre choix. Nous, au QUébec, avons les couilles pour nous battre et oeuvrer pour avoir notre pays. Vous êtes invités à nous joindre. Le français n’a aucun avenir ailleurs au Canada et tui le sais.

    • « Bien sur, nous ne connaissons pas vraiment bien votre culture mais à qui la faute? Vos médias ne nous en parlent jamais.   » 

      C’est drôle, je croyais que Radio-Canada était un réseau national canadien…

      « Je considère Louis Riel comme mon frère. Il est de ceux qui furent injustement traités puis tués à cause de leur identité francophones. Métis en plus, il avait tout pour être méprisé par les anglais racistes. »
      Quelle généralisation grossière! Les Anglais sont tous racistes parce qu’ils parlent anglais. C’est ça. Ton propos, n’est-il pas profondément raciste?

      « Le Québec a toujours tendu la main aux francophones du Canada (hors Québec). mais ces derniers préfèrent généralement refuser la main tendue et s’assimiler à l’anglais.  »
      René Lévesque qui traitait les francophones hors-Québec de « dead ducks » ou Yves Beauchemin qui traitait les Franco-ontariens des « cadavres encore chauds », ils avaient la main tendue, eux? Le Québec (sur la scène politique) commence juste à s’ouvrir à nouveau aux francophones hors-Québec. Ton propos sur l’assimilation à l’anglais est un peu généraliste aussi (oui, ça arrive, souvent, mais de dire qu’on fait TOUS ça? Franchement, ça manque de nuance).

      «Nous, au Québec, avons les couilles pour nous battre et oeuvrer pour avoir notre pays » Bof, toi et ceux qui pensent comme toi (à ne pas confondre avec la plupart des Québécois), vous avez les couilles pour vous cacher derrière un message qui frôle le nazisme. Hitler avait des couilles, certes. Cela fait-il de lui un grand homme? 

      En passant, j’ai un grand ami nommé Louis Préfontaine. Il te ressemble énormément dans ses idées. Le connaîtrais-tu par hasard?

      • AlexandreDisqus

        « qui frôle le nazisme » – franchement, c’est un peu fort, non?

    • Sophie Lise

      C’est drôle, en allant vivre au Québec, je ne me suis pas du tout sentie comme si j’étais ENFIN vraiment chez nous :
      http://tagueule.ca/2012/03/06/lontarienne-debarque/ 

      • Je suis d’accord avec toi Sophie. Ça fait presque 3 ans que je suis maintenant au Québec. J’ai déménagé de l’Ontario pour une job et NON pour pousuivre ma culture francophone. Encore pour plusieurs gens en abitibi, je suis l’anglaise de l’Ontario. C’est vraiment frustrant. Je suis soulagé quand je reviens en Ontario et je peu parler ma langue de la façons que je l’ai apris et qu’on la parle dans mon vilage.

        •  Ok je vien finalement de lire ton article. Et maintenant je suis TOUT À FAIT d’accord avec toi. J’ai eu vraiment, mais vraiment la même expériences. C’est apparament IMPOSSIBLE que je suis francophone de souche et que les deux côté de ma familles ne viennent pas du Québec pour au moin 4 générations. 
                  « -J’ai déménagé de l’Ontario pour une job et NON pour pousuivre ma culture francophone » N’est pas dirégé à toi mais à ceux qui pense qu’il faut déménagé au Québec pour vivre en français.

          J’ai vraiment aprécier ton article par ce que je me sentais seul dans mes expériences d’une p’tite ontarienne qui se sent plus minoritair dans une province « dit majoritairment francophone mais qui n’acepte pas mon français » que dans une province majoritairement englophone avec des comunauté fortement francophon.

    • NiLaforge

      Tu crois vraiment que la solution à notre problème serait de déménager au Québec?  Mais tu n’as rien compris.  Si on se réfugie au Québec on renonce encore une fois à notre identité.  Une culture c’est plus qu’une langue bien prononcée et qui emploie le terme juste.  C’est un mode de vie qu’on apprécie et accepte.  Ça ne veut pas dire qu’on n’a pas le droit de se sentir mal compris par les autres franco-canadiens…  Ce que vous êtes aussi d’ailleurs: des franco-canadiens.  À ce que je sache le Québec n’est pas encore un pays mais bel et bien une province dont une certaine partie de la population parle français comme au Manitoba, et dans les autres provinces et territoires du Canada.  Nous n’avons pas d’avenir ailleurs que chez vous?  On est ici et on se parle non?  Alors on est encore vivant et on le sera toujours dans 40 ou 60 ans.  Moi je préfère être optimiste.  C’est ce qui fait que j’ai réussi à garder ma langue et à me recréer une identité en Ontario-français lorsque mes parents s’y sont établis il y a environ 45 ans.  En passant, mes trois enfants parlent aussi un très bon français avec des emprunts et régionalismes qui je trouve, colorent bien notre identité.  Alors vivre en français en Ontario c’est possible.  On n’a pas besoin des Québécois pour nous corriger et on n’a pas vraiment le goût de vous dire que votre attitude de supérioté et bien on peut s’en passer.    Cependant, ce serait bien si on pouvait converser en s’acceptant comme on est: des franco-canadiens vivant dans un même pays.  On ne parle pas toujours comme vous parce qu’on n’est pas vous!   Vos « kaliss » mal écrits et  vos «cool , c’est fucké, hot, man…» sont employés de l’anglais, alors pourquoi ne pas accepter que certains de nos termes le sont aussi?  Nous, on vous comprend quand vous parlez alors apprenez à nous comprendre nous aussi et on s’entendra mieux dans la cour d’école de notre pays.  

      Nicole

    • Franchement. Penses-tu que vivre au Québec c’est le Paradis terrestre pour les francophonie canadienne? Explique-moi donc pourquoi de plus en plus d’artistes québecois chantent en anglais??? Tiens moi je le sais, ils veulent gagner leurs vies et vivre au Québec ne suffit pas pour assurer une carrière solide …il ne faut pas se faire d’illusions de ce côté là. Le marché québécois c’est un tremplin ce n’est pas une destination pour un canadien français. Ma perspective et celles de bien d’autres canadiens français est pas mal plus large sur cette question. Ça te ferais du bien de voyager dans d’autres parties du Canada pour témoigner de ce talent « hors Québec ».

      D’abord il faut que tu sâches que nous sommes techniquement tous parentés de loin ou de proche (ancêtres québécois, français, suisses, belges etc) De plus nous avons dans notre milieu beaucoup de québécois, français et des nouveaux arrivants de partout dans le monde. Je les considère aussi important que tout autres citoyens qui veulent travailler avec moi en français. J’ai plusieurs amis qui apprennent le français comme langue seconde et qui consomment de la culture en français (musique, théâtre, films) Bon d’accord ils ne sont pas nombreux, mais ils s’intéressent à cette culture francophone et ça représente un groupe cible plus facile à rejoindre dans un sens que le Québecois.

      Sauf pour la langue, je n’ai à peu près rien avec les CANADIENS qui vivent au Québec. Je dis bien ceux qui y vivent parce que je m’entends bien avec les québécois qui vivent au MB. En fait je ne prends pas une minute pour réfléchir quant à leurs souches et leurs origines. Ce qui m’importe :  sont-ils là pour m’appuyer mon milieu, mes projets etc

      Pour la question de « vos médias » nous avons accès à ceux du Québec qui techniquement doivent désservir tout le Canada mais ces derniers sont contrôlés par le Québec qui a un intérêt limité pour ce qui se passe ailleurs au Canada. Le Québec s’intéresse pas mal plus à ce qui se passe à Hollywood. Tu n’as qu’à regarder Tout le Monde en Parle pour voir les vedette américaines comme si c’était la chose la plus normal. Nous avons du talent artistique incroyable au Canada (en français et en anglais) mais le Québec ne s’y intéresse pas beaucoup. Marc Prescott a raison écouter les nouvelles nationales en français c’est se faire fatiguer avec des nouvelles (souvent pas très importantes) sur le Québec. As-tu déjà regardé les nouvelles nationales en anglais? Au moins là ça porte sur le pays dans son ensemble. Lorsque le CBC fait appel à des journalistes en region c’est clair qu’ils ne sont pas de Toronto. Je n’ai vu que quelques rares reportages avec un journaliste en région (Frédéric Arnould en Colombie Britannique) Pour me reconnaître dans les médias publiques en français il faut que je fasse le choix délibéré d’écouter des nouvelles et des émissions locales.

      En 2008 je suis allée au 400e de Québec. Je me suis promenée dans le Vieux Québec et dans toutes les petites boutiques il n’y avait que de la grosse musique américaine. Si j’étais québécois je me soucierais un plus de l’Invasion américaine que l’assimilation de l’Anglophonie Canadienne.

      Avec ton attitude à l’égard des francophones du Canada, Louis Riel ne t’aurais jamais considéré comme un frère. Je t’invite à lire L’histoire du Manitoba (Jacqueline Blay, édition des Plaines) pour bien comprendre la vision de Louis Riel. Tu verrais que le respect était une valeur fondamentale pour Louis Riel.

      Et puis pour la fameuse main tendue, ta seule solution c’est de nous faire déménager dans ta province. C’est très limité comme perspective à mon avis.

    • François Breton

      En fait, il faut se souvenir qu’à l’origine la St-Jean baptiste était la fête des francophones du Canada.  Le Québec s’est approprié la fête dans les années 70.  Et plus le Québec s’est mis à parlé de souveraineté, plus le fait français hors Québec a périclité.  Le Québec a tout bonnement abandonné ses frères de souche dans cet océan anglophone.  Plus le Québec cherchera à se refermer sur lui-même moins les francophones du ROC auront de tribune médiatique.  

      Les québécois centrés sur leur nombril ne se rendent pas compte des ravages que cause le débat sur la souveraineté.  Non seulement il divise sa population, il empêche la vie politique d’évoluer en maintenant deux partis aux idéaux similaires en place depuis trente ans.  Il y a eu deux refus et l’entêtement se poursuit.  Pourquoi attendre un autre référendum?  Et s’il en arrive un troisième est-ce que ce sera le dernier et qu’on pourra enfin tourner la page ?  En passant, je suis tanné des référendum.

      Je suis québécois et je suis tanné du marasme politique qui empêche le Québec de prendre sa place dans le ROC et devenir un fleuron canadien. Porte-parole de la diversité et diffuseur d’idées et créations francophones.  Porteur des rêves de découverte de ses fondateurs.  On tue notre créativité en l’enfermant et en l’infantilisant.  On subventionne tout comme si personne n’était capable de créer avec ingéniosité.  Je suis tanné de vidé mes poches pour que l’état s’occupe de tout. 

      Je suis tanné que mes compatriotes demandent aux canadiens francophones de nous appuyer dans « notre cause » alors que ce n’est pas la mienne. Et surtout alors que « notre cause » à causé leur problème. 

      Je suis tanné, mais pas résigné, d’essayer de faire comprendre que depuis 1968 le Québec s’est isolé malgré les apparences.

  • C’est quoi l’assimilation ? Les conséquences du mensonge à Trudeau-Durham !

     

    Il y a quarante ans, c’est pour cela que je suis
    venu vivre au Québec ! J’étais tanné de vivre en chialant tout les jours
    dans ce beau Canada et de voir ma belle famille s’assimiler et se faire
    bafouiller ! Je voulais juste être normal!

     

    Je dois malheureusement vous dire que le Québec
    ressemble de plus en plus à ce que j’ai quitté et cela m’attriste et me fait
    peur.

    L’assimilation c’est insidieux. C’est comme le
    cancer. Des fois quand on finit par le faire diagnostiquer, C’est déjà trop
    tard et même, la médecine de cheval ne suffit pas toujours !

     

     

    Voila la
    solution Canadian! Elle est très efficace !

     

    D’ailleurs,
    c’est la même chose au Canada !!!!

    Pour vous renseigner sur la disparition du
    français au Canada ainsi que toutes les lois qui ont été faites dans le ROC
    contre le français, par province, voir la référence ci-dessous:

    Le Génocide culturel des
    francophones au Canada

    Synthèse du déclin du
    français au Canada

    Par Pierre-Luc Bégin

    Résumé statistique :  http://genocideculturel.lequebecois.info/apercu.html

    PDF :   http://www.vigile.net/IMG/pdf/24-Genocide.pdf

    ISBN 978-2-923365-34-3

     

    Le système fédéral canadien
    est le tombeau du fait français au pays.

     

    Seule l’indépendance du Québec
    pourra assurer l’avenir du français en Amérique, et nous permettre de soutenir
    nos compatriotes du reste du Canada. L’ingérence continuelle du fédéral dans la
    politique linguistique québécoise, et son indifférence face à l’assimilation
    des francophones ailleurs le prouvent.

     

    Pour le reste, j’étais relativement
    bien au Canada !!!

     

    J’ai toujours des amis et de la
    famille au Canada. J’y retourne régulièrement, mais c’est comme aller en Chine,
    en Italie et je dirais surtout, aux USA.

     

    Laurent Desbois

    ex-franco-hors-Québec, d’origines acadiennes et métisses;

     

    fier Québécois depuis quarante ans;

     

    et canadian… par la force des choses et temporairement …. sur papiers
    seulement!

    •  Allez lire l’À propros avant de prendre trop au sérieux cet essai.
      http://editions.lequebecois.info/a-propos

      -constituent la seule maison d’édition à se consacrer principalement à la promotion de l’idée d’indépendance du Québec.
      -une manière agréable de soutenir notre lutte!

      Superbe! 
      Très objectif comme éditeur.  Même genre d’objectivité qu’on retrouve
      chez l’actualité de FoX?  Faudrait également préciser que l’ouvrage
      reste toujours manquant chez le fournisseur…lorsqu’il sera disponible (on l’espère à doigts croisés) 52 pages pour 4,95$.  Quelle aubaine!  Nouveau et même pas un prix de solde!!!

      • HMF2012

        Marc Pitre 
        entièrement d’accord avec vous. ce document est bourré de sous-entendus qui n’ont rien à voir avec la réalité et les faits. une façon comme une autre de perpétuer des mythes au sujet des « méchants anglais » qui ont tapé sur les pauvres Canadiens français. Une façon aussi de changer la conversation de Marc Prescott et de tout ramener au Québec, encore une fois.
        Jacqueline Blay http://www.facebook.com/pages/Histoire-du-Manitoba-français/174236759362328  

  • Je suis entièrement d’accord avec toi, Marc! 

    Pour ma part, je suis tannée de me faire demander si je suis ‘anglaise’ dès qu’on apprend que je suis née au Manitoba.  Pourtant je suis ici depuis plus de quarante ans et j’ai enseigné le français dans les écoles francophones durant plus de vingt ans…

    Je suis tannée de voir que l’on pense que je suis déménagée au Québec pour parfaire ma carrière puisque j’étais aussi professeur de langue française dans les écoles francophones du Manitoba. 

    Je suis aussi tannée d’être obligée de passer d’un poste de télévision de langue français à un poste de langue anglaise si je veux avoir non seulement la météo mais aussi les grandes nouvelles des cinq provinces à l’ouest de l’Ontario.

    Je suis tannée de voir des artistes internationaux de langue  anlaise se produire au Québec, plus particulièrement sur les Plaines d’Abraham.  C’est vrai qu’ils peuvent quand même s’exprimer en français quand ils balbutient dans un piètre français ‘Bonjour Québec’. 

  • etudiante9

    Je suis tannée qu’on s’étonne qu’une non-Québécoise qui étudie au Québec sache bien parler le français.
    Je suis tannée d’être demandée par des Québécois si je ne suis pas plus à l’aise s’ils me parlaient en anglais, même si je leur parle français et leur réponds que le français c’est ma langue maternelle.

    Je suis tannée qu’on me dise qu’ils ne savaient pas qu’il y a des francophones à l’ouest de l’Ontario.

    Je suis tannée d’expliquer que je ne suis pas la seule franco-manitobaine.

    Je suis tannée d’expliquer que pas tous les Franco-manitobains habitent à Saint-Boniface. Il y a aussi des villages francophones.

    Je suis tannée qu’au Québec on se réfère au Manitoba comme le Canada anglais.

    Je suis tannée de faire des demandes d’emploi au Québec et qu’on ne m’appelle pas pour une entrevue, même si mes études et mes emplois au Manitoba étaient des postes francophones.

    Je suis tannée de me faire dire que je devrais payer des droits de scolarité plus élevés que les Québécois. On fait tous partie du Canada! On ne demande pas plus d’argent aux Québécois pour leurs études au Manitoba (hourra au Manitoba!).
     

  •  Bravo et  merci Marc Prescott!  Ayant moi aussi grandi « hors Québec », j’ai éprouvé bien de ces sentiments… mais j’avoue que depuis que je suis au Québec, je me sens un peu plus à l’abri mais non moins solidaire avec tous les Francophones du Canada et d’ailleurs.

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