Dans une galaxie près de chez vous…

AVEC PAS D’CASQUE
Astronomie
Grosse Boîte

Au lieu de simplement rafistoler le folk joliment déglingué de ses deux premiers albums, dont l’excellent Dans la nature jusqu’au cou en 2009, le groupe montréalais Avec pas d’casque a choisi d’ajouter des sonorités plus atmosphériques, voire cosmiques. Défoncer le toit de la shed plutôt que bêtement la repeindre. Du coup, on en voit mieux les étoiles.

Ces étoiles, on les doit à l’arrivée du trompettiste baryton Mathieu Charbonneau (Torngat, The Luyas) et de Mark Lawson (Arcade Fire, etc.) à la console. Ils ont su planter un décor nocturne qui convient parfaitement aux textes du cinéaste Stéphane Lafleur (Continental, un film sans fusil, En terrain connus, le montage de Monsieur Lazhar), toujours aussi étonnant avec sa poésie de bout de ficelle, ces images gossées à même un quotidien à la fois tendre et désarmant :

Ton corps trempé dans la paillette
Ma tête de boule miroir
T’es un gala à toi toute seule
Je garde le vestiaire
(Les oiseaux faussent aussi)

Nous ferons des concours de lumière
De blessures en ordre croissant
Tu voudras que je préfère
J’haïrai évidemment
Mais je veillerai le feu avec toi

Veiller le feu

Qu’il s’agisse d’Apprivoiser les avions, de Veiller le feu ou de La journée qui s’en vient est flambant neuve, les mots et les images nous traversent le corps pour nous laisser émerveillés, mais aussi curieusement apaisés, preuve que le groupe a su dépasser la simple enfilade de métaphores chocs au profit d’un univers somptueux, cohérent. Alors qu’on écoutait les précédents albums d’Avec pas d’casque à la recherche de la jolie phrase à épingler sur son frigo, Astronomie nous invite plutôt à nous étendre au sol, les yeux plantés au ciel. Jamais l’idée d’accorder des «étoiles» à un disque n’aura été plus appropriée.

  • Eech… Je sais pas où t’a trouvé tant d’étoiles à donner gratuitement, (peut-être que tu fixais le ciel comme un astronome après un pétard) mais dans mon livre à moi, quatre étoiles et demi, c’est un score d’album légendaire en devenir, un classique instantané: Les chemins de verre de Karkwa, Variations fantômes de Philippe B… Je n’ai entendu que le démo de trois chansons de « Avec pas de casque » et je me sentais comme pris dans le milieu d’un bâillement interminable de textes minables juxtaposés à une musique répétitive au plus haut degré. La demi-étoile manquante c’est pour le chanteur qui fausse tout le long? Lâche pas de faire des films Stéphane, parce que cet album sera loin de m’avoir convaincu… Et pour ce qui en est de cette critique, je cherche encore la partie où on « critique » l’album… Je vais vous aider: Chapeau à Mathieu Charbonneau et Mark Lawson pour avoir fait de quoi avec rien: plus fade que ça, t’est un repas d’hopital.

    • Les auteurs des critiques assument leur propre cote d’appréciation et, dieu sait, que les goûts sont difficilement discutable. 

      Mais tu me surprends Simon! J’pense que tu sous-estime de beaucoup cet album. Je suis d’accord avec Patrick sur celle-ci.

      C’est pas pantoute une tonne de brique rauque comme Les chemins de verre mais c’est pas ça l’point. APDC a toujours été pour moi des arrangements acoustiques minimalistes  mariée à une voix parfaitement fragile et une une poésie sublime.

      Ceci étant dit, même si je ne suis pas d’accord, j’aime tes choix de mots dans ta contre-critique. Ça te tentes-tu de bloguer? 🙂

    • Très juste. Mais moi j’ai jamais écrit de critique, seulement un commentaire. Un commentaire qui comblait peut-être une toute petite lacune au niveau de l’objectivité ou de la critique constructive. C’est que ce démo, j’ai eu peine à l’écouter jusqu’au bout à deux reprises. La réalisation est hallucinante, mais ça vaut pas 4.5 étoiles. Désolé. Même si le Voir y en accorde 4, je désiste encore à la foule.

      Depuis mon commentaire, je n’ai entendu et lu que des éloges au sujet de l’album et en particulier à l’égard des textes. Ça m’a emmené à écouter en entier l’album. À la lumière d’une réécoute dans des conditions plus propices (oui, après un pétard en fixant le plafond) j’ai en effet découvert de beaux moments dans Astronomie. « …textes minables… »: je le reprends. Je n’ai toujours pas accroché à la poésie mais je vais devoir scruter le texte plus longuement avant de commenter.

      Musicalement parlant, sans l’excellent travail de réalisation, par moments, il ne reste plus grand chose. C’est ben beau le minimalisme, mais où est le minimum? Moi mon minimum, c’est un brin plus que ça. Au moins, une musique qui me rappelle autre chose qu’une brebis naissante fébrile décorée de brillants et de glaçons à sapin de Noël. Je demande un minimum de substance. Désolé, j’embarque (pas encore) sur le band-wagon.

      Certes, je comprends mieux APDC. Ceci dit, j’écoute à l’instant l’album… 4.5?