Le disque compact (1982-2012)

C’est dans un silence sidéral et numérique plus tôt cette nuit que la famille et les amis du Disque Compact ont confirmé sa mort. Monsieur Disque Compact, CD pour les intimes, est mort après une longue maladie industrielle et commerciale. Inconscient depuis des lunes, il n’aurait pas souffert, sauf de l’ouïe. Il avait 30 ans.

Conçu aux Pays-Bas en 1978 avant de naître en Allemagne en 1982, Disque Compact s’est fait connaître avec l’album 52nd Street de Billy Joel, le 1er octobre 1982. Reconnu initialement pour sa qualité sonore impeccable et inusable, il n’a pas pu garder les promesses de sa jeunesse. On s’en souviendra surtout pour son incroyable vélocité au frisbee, son manteau de cellophane qui a fait sacrer tous ceux qui ont voulu le déshabiller rapidement, et le sport qu’il inventa : la course vers le lecteur pour faire next quand il se mettait à sauter comme un cabri caféiné.

Un nuage plane au-dessus de cette mort annoncée à cause d’une enquête policière qui est présentement en cours pour déterminer les véritables causes du décès. Téléchargement, piratage, l’irruption de iTunes sont au nombre des hypothèses émises par l’industrie du disque. La plus probante, soutenue par des mélomanes, serait un suicide provoqué par la nouvelle répandue par Neil Young que Steve Jobs, créateur du célèbre iPod d’Apple, et amateur de long jeu, n’écoutait strictement que des vényls à la maison.

CD est précédé dans la mort par : le minidisque (1992-2011), la cassette (1963-1997), la Elcaset (1976-1980), la cartouche 8-track (1959-1981), le cylindre phonographique (1877-1907). Le défunt laisse dans le deuil ses frères et soeurs : le MP3, le AAC et le vinyle (qui est ressuscité des morts vers 2001 suite à l’introduction de l’iPod d’Apple).

Aucun service funéraire n’est planifié. Mais CD sera enterré dans un musée du son lors d’une cérémonie agrémenté par un concert de tables tournantes et un set de DJ diabolique.

  • Je ne peux pas dire que je suis triste de voir partir le CD. Moins portatif que la cassette ou les formats numériques et de qualité inférieure au vinyle, le CD est désuet depuis des années. On ne s’en rendait tout simplement pas compte. 

  • Le disque compact est comme un phénix. Soudainement j’ai toute une pile de sous-verres, de frisbees et de décors hipsters. J’peux même faire une disco ball pour aller avec le vinyl recyclé.

  • J’écoute pas de CDs depuis un bon 6-7 ans. Je suis un pirate, et je serais beaucoup moins cultivé, ou beaucoup plus pauvre, si j’avais à payer toute ma musique.

  • Tia

    Je crois que le CD est ici pour rester.  Le disque en vinyl n’est-il pas revenu?  Il y a encore des gens qui écoutent le CD; mes parents par exemple et le disque en vinyl?  Et bien j’ai des amis de l’université qui les achètent en ligne… alors rien ne meurt vraiment jamais.

  • Eh bien moi, je suis triste. J’aime les CD, car j’aime avoir ma musique sur un support matériel. J’ai des milliers de chansons en format numérique, mais ce n’est pas pareil.

    RIP mon vieux. 

  • AlexandreDisqus

    J’achète encore des CD. J’ai une petite collection d’albums signés par les artistes. Difficile de faire signer des mp3…

  • el_rhytton

    « Conçu aux Pays-Bas en 1978″… mais t’oublies d’dire que la paternite s’est disputee entre Monsieur Philips et Madame Sony. Mata-Hari, ca sonne comme Hara-Kiri mais c’est surtout Hollandais, n’en deplaise aux Japonais (qui nous jappent au nez)!. Donc « Disque Compact » convenait definitivement mieux que « Shuriken Sans Dents » (le SSD ne ressuscitera que plus tard grace aux disques durs du meme nom)

  • el_rhytton

    Conçu aux Pays-Bas en 1978… mais t’oublies d’dire que la paternite s’est disputee entre Monsieur Philips et Madame Sony. Mata-Hari, ca sonne comme Hara-Kiri mais c’est surtout Hollandais, n’en deplaise aux Japonais (qui nous jappent au nez). Donc « Disque Compact » convenait definitivement mieux que « Shuriken Sans Dents » (le SSD ressuscitera plus tard grace aux disques durs du meme nom)