Lisa LeBlanc : La torieuse

On l’a appelée la «Bernard Adamus féminine» et la «Diane Dufresne de Rosaireville».

Bullshit!

L’acadienne Lisa LeBlanc est une bébitte à part entière.

Originaire de Rosaireville, un village de 42 habitants au Nouveau-Brunswick, Lisa LeBlanc is the real deal. On attendait son premier album depuis longtemps, et my god, que ç’a valu l’attente. Réalisé par Louis-Jean Cormier (Karkwa), son premier opus est une charrue authentique, percutante et touchante qui torche d’un boutte à l’autre et qui ne laissera personne indifférent. Soit tu l’adores, soit tu l’get juste pas.

Armée d’un banjo, de boot spurs et d’une gueule en chiac rauque, on a affaire à une Lisa LeBlanc surprenante et mature (Ligne d’hydro), crue et poète (Motel), charmante et honnête (J’t’écris une chanson d’amour), tordante et puante (Aujourd’hui ma vie c’est d’la marde) et éternellement rough sur les bords (Câlisse-moi là). Belle surprise: entendre Louis-Jean Cormier chanter avec humilité «Au pire on riera ensemble. On mangera du Kraft Dinner. C’est tout c’qu’on a d’besoin.»

«Lisa LeBlanc n’a pas peur des mots, ce sont les mots qui ont peur d’elle.»

— Gilles Vigneault

La gagnante du grand Prix du Festival international de la chanson de Granby en 2010 auto-proclame son style musical le folk-trash, mais son attitude envers la musique ressemble beaucoup plus au punk qu’au folk (Chanson d’une rouspêteuse). Sa musique est un fuck you aux chansons fi-filles, au folk traditionnel et aux gens qui s’prennent trop au sérieux.

Lisa LeBlanc nous livre un premier album débordant d’honnêteté et rafraîchissant comme l’odeur du fumier au printemps.

L’album éponyme est sorti sous l’étiquette Bonsound Records et est disponible dès maintenant!

Pour les fans de

Bernard Adamus, Plume Latraverse, Marcel Martel, Canailles, Patrice Desbiens, Mononc’ Serge

Moments forts

Ligne d’hydro, Cerveau ramolli, Avoir su, Motel, Câlisse-moi là

Interstices : Joseph Edgar

Joseph Edgar, le Bob Dylan de Moncton, lance son quatrième album en carrière, Interstices. Cet album tant attendu, produit par Joe Gagné des Breastfeeders, a un son nettement plus rock que dans le passé. Le pari est réussi. Sans renier son «son» traditionnel, l’ancien leader du groupe Zéro degré celsius nous entraîne sans difficulté dans ce nouvel univers électrifié. Les sonorités folk, sa marque de commerce, s »y retrouvent toujours, et le musicien surprend en chantant en anglais pour la première fois, relèvant le défi avec brio. D’ailleurs, ça ne serait pas étonnant qu »il décide de continue à explorer cette voie.

Musicalement, Interstices est irréprochable. Chaque note et chaque accord semblent être à leur place. Cela peut s’expliquer du fait qu’il a été appuyé par la jeune acadienne Lisa LeBlanc (banjo, voix) et la Franco-Manitobaine Geneviève Toupin (piano, voix). Par contre, il serait irréaliste de dire qu’Interstices sera apprécié de tous. Joseph Edgar a une voix unique qui ne plait pas toujours à l’oreille. Bien évidemment, ça dépend des goûts. Toutefois, ce léger bémol ne devrait pas suffire à décourager quiconque d »écouter cet album. À écouter fort.

Si vous êtes dans le coin de Montréal ce soir, vous pouvez assister au lancement du nouvel album O Patro Vys dés 20h.

Pour les fans de

Fred Fortin, 1755, Tom Petty et Bob Dylan.

Moments forts

Pont Mackay, Feathers and Tar, Sans jamais parler du vent