La fusion des conseils scolaires devient finalement réalité

Grand Sudbury – Les élèves de la région de Sudbury avaient beaucoup à célébrer hier.

Le 26 juin 2030 n’était pas que la dernière journée de l’année scolaire; c’était la dernière journée d’existence des conseils scolaires francophones de l’Ontario. À partir de septembre prochain, l’éducation des Franco-Ontariens relèvera d’un nouveau réseau de commissions scolaires. Cette union surprenante entre les conseils scolaires catholique et publique existants est le résultat d’une grève générale en 2027 de tous les élèves, parents, professeurs, et personnel de soutien des écoles de la région qui réclamaient une réforme de l’éducation franco-ontarienne.

Cette unification, qui semblait impossible il y a seulement quatre ans, est maintenant un fait, et les chantiers de construction s’activent dans tous les coins de la ville. Des modifications seront apportées à 10 écoles primaires de la région du Grand Sudbury, afin d’accommoder environ le double du nombre d’élèves par école. Tous les postes d’enseignants seront maintenus, et la nouvelle commission s’est également engagé à créer 20 nouveaux postes par an pour les 5 prochaines années afin d’accommoder cet influx d’élèves. Le nombre d’écoles primaires francophones de la région passera de 26 à 10, sans toutefois changer le nombre d’élèves par classe.

Pour les écoles secondaires, c’est une réduction plus importante; deux seules écoles desserviront la région du Grand Sudbury, soit une au centre-ville de Sudbury et l’autre à Blezard Valley qui desservira la Vallée.

Premières pelletées de terre aux É.s. Robert-Dickson et É.s. J.-G.-Chuck-Labelle

La nouvelle école secondaire à multiple pavillons dans le Moulin à Fleur portera le nom du poète Robert Dickson. L’ancien Collège Notre-Dame servira de pavillon des sciences et des mathématiques. Le pavillon Sacré-Coeur sera rénové (la dernière fois, c’était lors de la fondation de l’École secondaire du Sacré-Coeur en 2003) et on en triplera la capacité. L’École secondaire Macdonald-Cartier, autre lieu imaginé de la nouvelle école, sera rénovée et deviendra une tour de bureau abritant la nouvelle commission scolaire et aura également un théâtre à l’étage principal.

La nouvelle école à Blezard Valley portera le nom de Jean Guy «Chuck» Labelle, musicien d’Azilda et récipiendaire de l’Oscar pour la meilleure chanson dans le dernier film de la réalisatrice Suri Cruise. Labelle est décédé l’an dernier lors d’un tragique accident de tondeuse à gazon.

Selon un porte-parole au nom da la nouvelle commission scolaire, cette densité d’étudiants permettra de faire baisser les taux d’assimilation.

«Ça va vraiment faire baisser les taux d’assimilation. On est toute ben ben content.»

– Marie-Noëlle Dubé-Rivard-Deschampain-Turcotte

Le Ministre de l’Éducation a aussi confirmé plus tôt cette semaine l’intégration des écoles d’immersion dans le système francophone tel que demandé par les grévistes. Cette intégration facilitera le transfert d’élèves maitrisant mal le français vers le système d’immersion . Le même principe s’appliquera également dans l’autre direction, et le système d’immersion servira à intégrer les francophiles dans la communauté francophone.

La nouvelle commission scolaire, toujours sans nom, a jusqu’en septembre 2032 pour compléter le processus d’amalgamation des écoles publiques et catholiques entamé en 2028.

Ce phénomène, qu’on appelle maintenant le printemps franco-ontarien, était caractérisé par une série de grèves et de pressions de la part des francophones qui demandaient des reformes sur la place des francophones dans la société ontarienne. Le gouvernement a cédé lorsqu’un mouvement anglophone parallèle s’est joint aux pressions des francophones pour une réforme en éducation. Ce qui semblait ridicule il y a seulement 4 ans, devient aujourd’hui une réalité.


Photo: Des éleves d’écoles élémentaires célèbrent leure victoire hier dans le stationnement du Home Dépot.

  • Il faut absolument qu’une école porte le nom de JG Chuck Labelle. Encore mieux, nommer un édifice public d’après son projet de Noël avec Robert Paquette.

    • Le pavillon « Noël-chez-vous-Noël-chez-nous ». Juste à coté du pavillon « Yo-mama-yo-shovel ».

  • Belle réflexion sur l’absurdité de la division des franco-ontariens selon la religion. Je pense qu’il est grand temps qu’on commence à y réfléchir sérieusement.Je suis à 100% d’accord de jumeler les conseils scolaires francophones (si les anglophones veulent continuer avec le vieux sytème archaïque, c’est leur problème!). Il y a eu une évolution dans la communauté face à la religion. Celle-ci est devenue plus un choix personnel et familial.En passant, je ne dis pas d’enlever la religion des écoles. Il peut y avoir des cours de religion. Le cours de grandes religions existe déjà dans les écoles publiques et catholiques. Un beau survol de l’histoire des grandes religions.Il pourrait aussi y avoir des cours plus ciblés pour les élèves qui veulent explorer divers religions. Si une école à une population élevée de musulman, pourquoi ne pas avoir des cours pour eux. Et pour les athées, il y aurait des cours de valeurs humaines. Pour les catholiques on pourrait garder le bon vieux cours de cathéchisme.Ça serait vraiment intéressant d’ouvrir la discussion entre les différentes religions dans un contexte scolaire… d’ailleurs, je l’ai fait fréquemment depuis mes 14 ans en enseignement.(Mal)heureusement, les annonces du budget de la semaine dernière vont peut-être nous pousser à y réfléchir plus rapidement qu’on pense!

  • En passant, j’aime la passe des noms (sur)composés de l’avenir. 🙂

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  • Monsieur_Denys

    Je suis d’accord que c’était mieux dans le temps que tous les étudiants francophones étaient unis dans les mêmes écoles.  Pourquoi les partisants du conseil publique ont-ils divisé nos communautés francophones??