Université du Québec à Sudbury

«Le Canada est à l’heure du choix. Ou bien le principe de l’égalité est traduit dans la réalité, c’est-à-dire dans la constitution et les institutions politiques du pays, ou bien l’on affirme ouvertement que l’égalité n’est pas possible et l’on reconnaît que Québec est le seul gouvernement qui soit apte à assurer le développement de la communauté française d’Amérique du Nord, même s’il encadre une partie de celle-ci seulement»

– Pour ne plus être sans pays, rapport du comité politique
de la Fédération des francophones hors-Québec, 1979

Ceux qui savent lire entre les lignes comprennent l’importance de cette phrase; on y affirmait de façon plus ou moins subtile qu’on devait choisir entre les philosophies fédéralistes de Trudeau et celles nationalistes de René Lévesque. On est en 1979, à l’aube du premier référendum du Québec. Ça ne fait pas longtemps que «Québécois» ça veut dire plus que «un gars qui vient de la ville de Québec». Le Québec est à l’ère des réformes, des projets de société, et de l’éveil culturel.

Le théorème de Thomas: Si les hommes définissent une situation comme réelle, alors elle est réelle dans ses conséquences

Plus de 30 ans après la publication du rapport, ce choix hante toujours les francophones hors-Québec.

D’un coté, le Canada, sous le leadership de Pierre Elliot Trudeau, a reconnu le français comme langue officielle partout au Canada, à titre égal devant la loi. Les choix politiques datant de cette période sont la fondation pour tous les fragiles acquis des communautés minoritaires du Canada, des jugements de la Cour Suprême et de Radio-Canada dans l’Ouest.

De l’autre coté, nos cousins québécois, pour des raisons qui leur sont propres, choisissent la deuxième option. Malgré la Reine sur leur argent, ils ont obtenu un certain niveau de souveraineté dans plusieurs domaines clés. Leurs choix de société réflètent qu’ils ont choisi la deuxième option dans le pari présenté par la FFHQ; que le gouvernement de Québec est le seul apte à assurer le développement du fait français en Amérique du Nord, même s’il n’encadre qu’une partie de celui-ci. Aujourd’hui, le Québec est devenu, dans les faits, une société distincte. La province du Québec n’a peut être pas le droit de se dire indépendante, mais le Québécois a certainement le droit se déclarer non-canadien. Même Harper le reconnait.

C’est bien beau tout ce blabla spéculatif. Arrivons à mon titre : Université du Québec à Sudbury.

Si, au lieu de s’obstiner à se séparer des Québécois, avec notre propre drapeau, nos propres institutions, nos propres comités, nos propres juges «bilingues»…, on s’était battu, en 1979, pour donner plus de pouvoir à ce gouvernement de Québec, pour se greffer à cette structure apte à protéger notre vitalité linguistique? Si on s’était battu, non pas pour le contrôle unilatéral de nos assises culturelles, mais plutôt pour un dialogue sain et une inclusion dans cette nouvelle société que l’on finissait justement d’imaginer? C’était bien trop dangereux que le Québec vienne s’imposer dans les compétences provinciales d’une autre province. L’Ontario n’avait pas envie de se faire assimiler, voyons donc!

Aujourd’hui, il est rendu beaucoup trop tard. Les deux modèles de société ont divergé, l’assimilation a décimé nos actifs, le nationalisme québécois a avorté le rêve du Canada français, et d’un coté ou de l’autre de la rivière des Outaouais, on arrive difficilement à se comprendre entre cousins, au niveau idéologique et linguistique, mais surtout sur le plan institutionnel. Peu importe la bonne volonté, le Franco-Ontarien et le Québécois vivent plus souvent qu’autrement un choc culturel la première fois qu’ils se rencontrent.

On s’est contentés, au lieu, face à l’abandon perçu de 90% de la nation, de se faire donner nos propres écoles, avec des curriculums traduits et des lois pour protéger les ayant-droits. Nos combats, pour les écoles, pour les conseils, pour les collèges, nous définissent aujourd’hui en tant que communauté. On ne sait pas grand-chose sur les Franco-Ontariens mais on sait qu’ils se battent pour leurs hôpitaux français, pour leurs collèges français et pour leurs écoles françaises. Comme l’a démontré un article publié au lancement de taGueule, la nécéssité et la possibilité d’une Université franco-ontarienne soulève encore des tollés.

Notre buddé Durham serait content

Selon moi, une telle université, c’est-à-dire pour les Franco-Ontariens, par les Franco-Ontariens, ne serait qu’un autre pas dans la mauvaise direction, un autre point de non-retour dans notre relation avec le Québec moderne. Un virage de plus vers le wet dream de Lord Durham.

Au lieu de s’obstiner à se doter d’une multitude d’institutions «à nous», pour s’inscrire dans la vision de Trudeau, pourquoi ne pas tenter d’harmoniser les systèmes d’éducation entre Québécois et FHQ, pour que partout au Canada, un francophone reçoive la même éducation? Pourquoi ne pas travailler sur une entente semblable à celle entre la France et le Québec pour qu’on puisse envoyer nos jeunes s’éduquer au Québec, dans leur patrie ancestrale? Pourquoi ne pas donner une désignation officielle de CÉGEP au Collège Boréal et à la Cité Collégiale? Pourquoi ne pas inclure la franco-ontarie dans le système universitaire bas-canadien, en adaptant le contexte et les conventions, mais en gardant le fond et le principe?

Les Gaspésiens n’ont pas «l’Université de la Gaspésie», le Lac-St-Jean n’a pas «l’Université des Saguenéens», mais plutôt l’Université du Québec à Rimouski et l’Université du Québec à Chicoutimi, respectivement. Je sais que ça ne se produira jamais, et je sais qu’il est trop tard pour espérer que cette idée attire un certain soutien populaire, mais reste que j’aimerais bien voir l’UQAS avant l’UFO.


Photo: Vue aérienne des installations de Vale à Sudbury, Bob Chambers/Kalmbach Publishing

  • Je ne sais vraiment pas quoi penser de ce texte… 

    Comme Québécois, il est certain que l’idée de voir une succursale sudburoise de l’Université du Québec ne me scandalise pas. Comme résident de Sudbury depuis presque une décennie, par contre, je ne peux pas imaginer comment une telle chose pourrait « passer » dans l’opinion. 

    L’avant-dernier paragraphe est particulièrement déroutant. L’auteur — je le lui dis avec amitié — tire dans toutes les directions en même temps avec, semble-t-il, comme seule préoccupation de susciter une réaction. Et de fait, il aura réussi avec moi à tout le moins. Prenons les phrases une à une :

    1. « Au lieu de s’obstiner à se doter d’une multitude d’institutions « à nous », pour s’inscrire dans la vision de Trudeau […] »

    Franchement, je vois mal le lien entre le contrôle (total ou partiel) par une communauté de son système d’éducation et le trudeauisme. Les questions scolaires, un des fils conducteurs de l’expérience historique franco-ontarienne, sont bien antérieures au trudeauisme. Et s’il est vrai que l’école peut être utilisée pour instiller le trudeauisme dans l’esprit des jeunes, ça ne signifie pas qu’elles existent à cette fin. (Petite parenthèse : j’ai eu l’impression pendant mes années à la Laurentienne que les étudiants avaient appris deux récits contradictoires à l’école : celui du Canada trudeauiste articulé autour du bilinguisme officiel, du multiculturalisme et de la sacralisation de la Constitution de 1982, d’une part, et, de l’autre, celui articulé autour des deux peuples fondateurs ayant créé, en 1867, un pays neuf dans un esprit de collaboration et d’égalité.)

    2. « […] pourquoi ne pas tenter d’harmoniser les systèmes d’éducation entre Québécois et FHQ, pour que partout au Canada, [les francophones] reçoive[nt] la même éducation? »

    Et pourquoi se fixer un tel objectif, au juste? Je veux dire : en quoi la québécisation de l’éducation des FHQ améliorerait-il le sort de ces derniers? Quelle forme cette « harmonisation » prendrait-elle, exactement? Quel degré atteindrait-elle? À quoi servirait-elle?

    3. « Pourquoi ne pas travailler sur une entente semblable à celle entre la France et le Québec pour qu’on puisse envoyer nos jeunes s’éduquer au Québec, dans leur patrie ancestrale? »

    L’entente entre la France et le Québec visait, du point de vue québécois, à offrir aux jeunes francophones une meilleure occasion d’étudier à l’étranger, ce qui n’est pas vraiment un problème pour les Franco-Ontariens qui sont, en grande majorité, capables de faire des études supérieures en anglais et qui ont donc accès à des universités dans presque tous les pays du monde. L’entente s’inscrivait aussi dans une stratégie de visibilité internationale lancée par le gouvernement du Québec. Elle traduisait dans le concret la doctrine Gérin-Lajoie, selon laquelle les compétences constitutionnelles des provinces se «prolongent» à l’international. (La compétence censément exclusive des provinces en éducation ferait en sorte qu’elles peuvent conclure des ententes en ce domaine avec des pays étrangers.) Le cas de l’Ontario français n’est pas comparable, celui-ci n’étant pas une entité politique instituée et dotée d’un gouvernement représentatif.

    4. « Pourquoi ne pas donner une désignation officielle de CÉGEP au Collège Boréal et à la Cité Collégiale? »

    Parce que les cégeps ne sont pas reconnus en Ontario. Les cégeps et les collèges communautaires ne sont pas des équivalents; ils fonctionnent selon des logiques différentes et servent des objectifs différents. Le gouvernement de l’Ontario ne peut pas reconnaître l’existence de cégeps francophones à moins de réformer tout son système d’éducation.

    Quant à la dernière phrase du paragraphe, je ne la comprends tout simplement pas.

    Je pense que les jeunes Franco-Ontariens et les jeunes Québécois ont beaucoup à gagner d’une plus grande occasion d’aller étudier dans l’ « autre » province. Il n’y a aucun doute que des choses pourraient sans doute être faites (mais lesquelles? je ne sais pas) pour accroître ces occasions. Faut-il pour autant mettre la hache dans le système scolaire?

    De toute manière, on parle pour parler, n’est-ce pas. Tant que la trahison restera le blessure fondamentale qu’elle est (je renvoie explicitement à ceci : http://tagueule.ca/2012/03/10/la-trahison-quebecoise-un-mythe-canadien-francais/ ), ça n’arrivera pas. Qui veut aller étudier chez l’ennemi?

    • Félix Acheté

      Moi j’ai étudié au Québec, et c’est là où je me suis rendu compte que mon identité régionale était semblable à une identité régionale abitibienne au west-islandienne… Mais une chance que je le voulais, parce que j’ai eu beaucoup de bâtons dans les roues et très peu d’appui, des deux cotés de la frontière.

    • « Le cas de l’Ontario français n’est pas comparable, celui-ci n’étant pas une entité politique instituée et dotée d’un gouvernement représentatif. »

      Justement. En 1960, on aurait du se battre pour s’inclure dans l’entité politique instituée qui se créait au moment chez nos voisins. Aujourd’hui, les franco-ontariens sont franco-ontariens, mais sous Lesage (avant Trudeau), le fossé était beaucoup moins creux; l’Assemblée Nationale aurait été notre gouvernement réprésentatif.
      Tant qu’à faire, le Grand Nord Ontarien devrait relever des Territoires du Nord-Ouest, plus près du gouvernement fédéral dans notre structure fédérationnelle Canadienne. Le Nunavik, au Québec, et le Nunastiavut, au Labrador, ne sont pas t’ils de bons débuts? Je suis très conscient des problèmes structuraux de la Belgique, mais reste que le gouvernement de la Wallonie diffère énormément dans ses compétences de l’autorité que représente la Communauté Française de Belgique.

      Il est trop tard, beaucoup trop tard, mais comme me l’a fait remarqué un cher ami à qui j’ai fait lire l’article avant la publication, le problème remonte encore plus loin que je ne l’imaginait, avant Trudeau, avant le Québec, avant Robarts; l’Université Laurentienne aurait dû être fondée comme université unilingue francophone. Les Acadiens l’ont fait, ils se sont dotés d’institutions beaucoup plus tôt que nous et ils ont l’air de se porter drôlement mieux que nous. (Oui, oui, oui, je sais, c’est différent. Les Acadiens pourraient difficilement faire l’argument pour une Université du Québec à Moncton, pour plusieurs raison historiques/identitaires. C’est un autre débat, mais je suis certain que notre cher ami Serge Gaëtan en aurait long à dire là dessus. Sans être historien ni acadien, je dirais qu’on avait ici l’espoir de nous insérer au projet Québécois étant donné notre proximité culturelle relative de l’époque)

      • Je ne sais pas si Serge serait d’accord que les institutions poste-secondaires franco-ontariennes s’inscrivent dans le réseau des institutions du Québec (en fait j’en doute), mais il est certain que le système actuel ne fonctionne pas.

        Dans un article que nous avons rédigé ensemble, on offre certaines réflexions :

        «Cette tension entre l’autonomie et les services dans le domaine universitaire persiste en grande partie parce que le leadership communautaire a cessé d’exposer ses lacunes en matière de ser­vices et de réclamer l’autonomie. Les temps économiques sont difficiles, mais doivent-ils miner l’aspiration de cette minorité « nationalitaire » de vivre en français et d’être, avec plusieurs limites, maître de son destin? Si le modèle actuel doit perdu­rer, les francophones ne devraient pas avoir à payer le prix de ses lacunes. Rien ne laisse présager que les 18 000 étudiants ontariens qui poursuivent actuellement des études en français seraient trop peu nombreux pour une université. L’Ontario a créé pas moins de quatre universités depuis 1997 avec des corps étudiants moins nombreux dans trois des cas. L’autonomie pourrait aussi être atteinte par différents moyens, peut-être même au sein de certaines institutions existantes. Une désigna­tion sous la LSF protégerait certains acquis. Cela étant dit, l’as­piration de l’Ontario français sur cette question semble reculer tout comme la volonté de la majorité anglophone de lui faire des concessions. Seule une discussion à grande échelle au sein de cette communauté lui permettrait de prendre en ses propres mains les conditions de son accès à la modernité.  »

        Je vous invite à lire le texte intégral : 
        http://journallareleve.com/wordpress/?page_id=1701

        L’UQAS saurait-elle relever ces défis? Peut-être en partie, mais elle créerait peut-être aussi une nouvelle série de problèmes.

        • Votre texte me convainc plus que jamais de l’urgence de mettre fin au système des universités bilingues et de créer une authentique université de langue française en Ontario. La farce a assez duré.

        • Je parlais plutôt d’un commentaire de sa part que j’ai lu par rapport aux institutions des Acadiens.

        • Les Acadiens ont compris depuis un bout de temps que des institutions «bilingues» pour une minorité dont la langue est fragile sont des facteurs d’assimilation à la langue dominante. Ce sont des institutions unilingues francophones (niveau collectif) qui permettent aux Acadiens de maintenir un bilinguisme (individuel) dans lequel leur langue maternelle est valorisée et transmise.

          Les Fransaskois arrivent au même constat, mais sans avoir réussi à se doter d’institutions francophones rejoignant un % substantiel de la population. (L’enseignement en français ne rejoint que 7% des Fransaskois). Ça explique en -partie seulement-, que le français se transmette à plus de 90% au N.-B. mais à moins de 30% en Saskatchewan (la dispersion est un facteur au moins aussi important).

          Dans les villes «bilingues» au Nouveau-Brunswick, c’est toujours l’anglais qui gagne des locuteurs au détriment du français. Ce n’est que dans les villes unilingues francophones à très forte majorité (Edmonstun et Péninsule acadienne, surtout) que le français a un pouvoir d’attraction supérieur à l’anglais, pouvoir qui s’est passablement érodé au cours des dernières années, sans toutefois disparaître.

          Ce phénomène de minorisation est inconnu chez la minorité anglophone du Québec, qui attire la moitié des transferts linguistiques pour 8% de poids démographique. Dans le RoC, c’est 99,9% des transferts pour l’anglais. Vous avez dit équité?

          Dans les villages à forte minorité anglophone (~30%+) ce sont les francophones qui perdent leur langue. Oui oui, au Québec.

  • Arthur Laliberte

    Intéressant comme concepte mais qui ne colle pas à la réalité ontarienne puisque les provinces de l’Ontario et du Québec ont adopté un système de secondaire fort différent. Un secondaire 5 n’équivaut pas une 12e année. Et le CÉGEP sert à la fois d’entonnoir préuniversitaire et lieu de formation pour les métiers et les programmes « collégiaux ». Si jamais le Haut et le Bas Canada se fusionnaient et devenaient une province, ce serait possible d’assurer cet arrimage dans le domaine de la formation.

    • Félix Acheté

      Il est trop tard, j’en suis bien conscient.

    • Je ne parle pas ici simplement d’éducation post-secondaire. Je me sers de ces exemples car il serait plus facile d’implanter ce genre de chose dans le cadre post-secondaire. Sauf que je fais (tente de faire) l’argument que le système entier soit repensé. Si le problème est avec les écoles secondaires, on repense les écoles secondaires. On aurait dû, lors des réformes en éducation du Québec, on avait créé également la Commission Scolaire du Nouvel-Ontario, si on avait inclus l’Outaouais dans la commission scolaire équivalente québécoise? Si nos bibliothèques relevaient du système d’archives national du Québec?

  • Quand est-ce que les Canadiens vont réaliser que les Franco-Ontariens et les Québécois ne sont pas pareils?! Nous sommes deux différentes cultures.. semblables peut-être mais pas pareilles. C’est notre charmante dualité linguistique qui nous distingue. Qu’on l’embrasse au lieu de la livrer aux « anglo-ontariens » ou aux Québécois.  UFO > UQSA any day.

    • aujourd’hui, oui. Mais dans le temps des premières luttes pour la reconnaissance du fait français en Ontario, c’était pas si clair, cette différence. Ton UFO relèverait ultimement d’un gouvernement anglophone, comme c’est le cas pour tout ce qui est socio-culturel en Ontario français. J’aimerais bien mieux m’inclure dans la culture francophone d’amérique, qui est majoritairement au Québec, que de me ghetto-iser sous l’authorité anglophone. Mais il est trop tard, j’ai grandi en bilingue, j’aime ça parler anglais, et j’ai déjà fini mon bac. Alors fuck it, what’s for lunch?

  • Entretenir
    la possibilité d’une UQAS est de croire que tout d’un coup les québécois ont
    cessé de nier notre existence. Il faudrait arrêter la démarche pathétique de
    chercher l’appui et l’approbation des Québécois comme des enfants batards qui
    cherche impressionner un père qui les renie depuis longtemps. Nous sommes les
    seules maitres de nos destins et notre survie dépend sur les actions que nous prenons
    aujourd’hui. Arrêter d’attendre un messie du pays des purs-laines, y en auras
    pas. Il est bien trop occuper avec son nombril pour s’occuper de nous. Nous ne
    sommes peut-être pas dans une position idéale pour protégé notre culture et
    notre langue mais il n’y en a pas d’autres. Alors on fait quoi? On s’assit sur
    notre cul et on pleure notre sort en blâmant les autres? Ou on s’affirme et on définies
    notre place?