Les Bleus de Ramville: Pas offside, juste off

Après le slapstick quétaine presque réussi qu’a été la série Météo+, TFO nous présente une deuxième télésérie nord-ontarienne.

Est-ce qu’ils auraient dû?

Les Bleus de Ramville, c’est comme une tentative de recréer Les Boys en franco-ontarien. Tous les éléments y sont pour en faire le show le plus franco-ontarien ever. Un petit village (comme Verner, Corbeil ou Smooth Rock Falls), des grands noms d’acteurs franco-ontariens (Jean Marc Dalpé, Stéphane Paquette), et le français régional dont on est si fier (mais qu’on se fait un plaisir de fou à mal imiter).

La première fois que j’ai écouté Les Bleus de Ramville, ç’a duré 5 minutes avant que je retourne à Seinfeld. J’étais mal à l’aise, honnêtement. Pour tout le bruit qu’on fait sur cette série, sur «l’industrie télévisuelle franco-ontarienne», j’étais déçu. J’ai décidé, par la suite, d’y donner une vraie chance, voir ce que donnait un épisode au complet.

Commencer par le commencement

Le générique d’ouverture de l’émission est magnifique, il faut le dire. On comprend les enjeux que l’on souhaite aborder dans cette série: la régionalité, la passion que peut inspirer le hockey semi-pro, l’intensité sur la glace même si on ne gagne pas un million par saison. Après le générique, j’étais optimiste. On présentait ici un beau pari, on piquait mon intérêt. Mais après, ouf.

Dès la première scène, on nous vend sans trop de subtilité le dialogue artificiel et le rythme malaisant de la série. J’ai du mal à me décider si c’est parce qu’on leur impose des textes mal adaptés à l’accent qu’on essaye de leur donner, ou bien si ce sont les comédiens qui sont mal dirigés dans la livraison de leurs répliques. On se dirait dans une pièce de théâtre ou dans un match d’impro, et même que certaines des répliques semblent hors contexte, par exemple lorsqu’on fait allusion au taux de chômage qui serait apparemment plus élevé à Sudbury que dans un village où l’on vient de perdre l’employeur principal… On est loin de l’accent absolument réussi de la secrétaire d’Azilda dans Météo+ (où le même problème de manque de constance des accents existait).

(Manque de) vigilance constante

Le niveau du jeu n’est pas égal chez tous les comédiens (ni même de scène en scène) et on ressent un certain laissez-faire au niveau de leur cohérence de réplique en réplique. Dans une même scène, on peut passer d’une conversation très crédible à un genre de parodie de théâtre communautaire de Moonbeam. La facilité des textes me donne envie de souffler mon gazou pour donner une punition de «ploguer le thème» comme ils disent en impro. On dit tout, on ne laisse pas la place aux nuances, et on expose au grand jour les motivations de chaque personnage.

À la télé, ça prend une intention claire au niveau du rythme, et ici, il est off, mal placé. Les répliques ne s’emboîtent pas, et on a l’impression que chaque ligne de dialogue est faite pour être seule, sans s’imbriquer dans le flow de la scène. On peut passer une bonne minute très agréable, où le jeu est au niveau et où le rythme est bon, avant de retomber dans le mondain.

L’inégalité du jeu se voit encore plus lorsqu’on a affaire aux scènes de Jean Marc Dalpé, qui rentre à merveille dans sa peau de «businessman» crasse. Sauf que lorsqu’il est avec d’autres comédiens, avec moins d’expérience ou d’aisance, on est mal à l’aise. Pour eux, pour lui, pour l’équipe de production.

Et là je n’ai même pas parlé de la musique, qui plus souvent qu’autrement vient briser l’atmosphère que l’on tente de créer. Il me semble qu’une bonne trame sonore, on ne devrait pas la remarquer. Ici, au lieu, on a l’impression de se retrouver dans un épisode de Full House ou dans un Friday Night Lights pas assez dramatique.

Le contexte de la série est bon – l’employeur principal de la ville quitte, réalité trop commune pour les Nord-Ontariens, et on tente de redonner une certaine vigueur au village par le biais de l’équipe de hockey. C’est une mise en situation qui valait bien la peine qu’on s’en inspire pour une télésérie. On est loin des moeurs «over-dramatiques» de Francoeur, de la banalité corporative de Rock et Rolland, ou du mindfuck généralisé de L’Auberge du chien noir. Mais j’ai justement l’impression que cette série qu’on m’a vendue dans le générique d’ouverture, on ne l’a pas écrite.

L’âne et la carotte

Les Bleus de Ramville, comme Météo+, est produit pour une diffusion à TFO, sans publicité, et à ce que je peux en conclure, sans ambition de rediffusion pour un profit quelconque. J’ai l’impression qu’on a établi une industrie télévisuelle dans le Nord dans le but de faire travailler les gens, peu importe la qualité du produit final. Ramville jouit d’une diffusion garantie et ne doit pas s’inquiéter des commandites, des cotes d’écoute ou des critiques dans la Presse ou à C’est juste de la TV.

Je dois quand même saluer l’initiative de TFO et de la boîte de production derrière Ramville, mais j’aimerais avoir l’impression qu’il y a une carotte qui leur pend devant le nez. Pour l’instant, après 5 épisodes, on dirait un âne paresseux dans un entrepôt de légumes.

En tant que bon Franco-Ontarien, je me dois de suivre la saison jusqu’à la fin, et j’espère que la suite pourra me faire changer d’opinion.

  • AG

    Merci pour cette critique, ça me donne le goût d’écouter la série.
    Toutefois, je me demande sur quoi tu bases plusieurs de tes arguments.

     

    1. Les pubs à la télévision rapportent au diffuseur et non à la série.
    TFO est un diffuseur public avec un modèle de financement semblable à PBS aux
    États-Unis, c’est les contribuables et des dons du publique qui finance le
    tout.  Je comprends mal pourquoi tu
    reproches à la série le fait qu’il n’y a pas de pubs à TFO?

     

    2. Comment es-tu certain qu’ils n’ont pas l’ambition de rediffuser le
    show sur d’autres chaînes? Je n’ai pas travaillé sur cette série, mais je suis
    certaine que TFO n’est que leur première diffusion et qu’ils vont essayer de
    vendre la série à Radio-Canada et d’autres chaînes spécialisés par la suite.
    S’ils réussissent ou non, ça sera à voir, mais je suis certaine qu’ils vont le
    faire. C’est carrément con de ne pas essayer.

     

    3. Sais-tu s’ils ont eux des commandites? C’est pas parce qu’il n’y a
    pas de canettes de Coke en avant-plan dans chaque scènes qu’il n’y a pas eu de
    commandites pour cette production. Ça aurait été cool de le demander à la
    productrice pour savoir vraiment comment ils ont financé le truc.

     

    4. L’âne paresseux est peut-être juste fatigué d’essayer de faire de
    quoi avec les moyens du bord. Tu sais, c’est difficile de faire de quoi qui est
    vraiment bon, en cinéma ou en télévision. Si tu prends les productions
    québécoises comme exemples, oui il y en a quelques vraiment bonnes, mais pour
    chaque bonne série, il y en a comme 5 qui sont sans intérêt. Ici, on en produit
    tellement peu, on ne peux pas s’attendre à réussir à produire quelque chose de
    awesome à chaque fois ou même du tout, puisque notre bassins de créateurs est
    assez restreint. Les sources de financements sont aussi moins intéressantes qu’aux
    québéc ou au canada anglais.

     

    4. Ça aurait été cool de parler à quelqu’un à Carte Blanche avant
    d’écrire l’article pour faire une critique basée sur des faits. Ou au moins
    dire comment tu as fait pour en venir à ces conclusions.

    • Taxi

      OMG AG, arrive en ville!
      depuis quand une critique de film, de télésérie ou de théâtre consulte le producteur, le scénéaste, le metteur en scène avant de juger de ce qu’il voit?!? Une critique c’est une critique, pas un dossier d’analyse d’un acteur de l’industrie culturelle qui essaye de faire de quoi de bon.

      • AG

        As-tu lu mon message avant de répondre? L’auteur
        de cette critique n’a pas simplement jugé ce qu’il a vu, il a passé un
        commentaire sur l’industrie, une industrie très complexe que l’auteur ne semble
        pas maîtriser à 100%. C’est simple, si la critique aurait été simplement sur le
        contenu, ça ne m’aurait pas heurté. Mais cette critique de l’industrie est
        maladroite et prête des intentions aux producteurs :

         

        « Les Bleus de Ramville, comme Météo+, est produit pour une diffusion à TFO,
        sans publicité, et à ce que je peux en conclure, sans ambition de rediffusion
        pour un profit quelconque.  »

         

        C’est bien de vérifier ce genre de fait avant de
        le publier. Ça aurait été tellement plus percutant si c’était la vérité et pas
        simplement une vague impression.

         

        Tagueule a un super potentiel d’être quelque
        chose de vraiment fresh, mais ça doit monter d’un cran au niveau de la
        crédibilité.  On est pu au secondaire,
        guys.

        • AG, je te trouve vite à assumer que Taxi est quelqu’un de l’équipe de TG. J’ose croire qu’il y a plus que juste notre quarantaine de collaborateurs qui croient en la critique en Ontario français!

          Je travaille à la continuité sur le plateau des Bleus de Ramville et j’ai fait 3 saisons de Météo+. On commence justement à tourner la deuxième moitié de Saison 2 dans quelques semaines.

          Ceci étant, je trouve cette critique est très juste.

          Je ne suis certainement pas d’accord avec tout ce que dit Sylvain. Je ne pense pas que les Bleus de Ramville c’est comme les Boys franco-ontarien. Les Boys c’était une comédie. Ramville c’est un drame. Deux styles complètement différents.

          Je trouve que Météo+ était de l’excellente satire. (Fine, j’sus biaisé!) J’avoue que c’était un peu rough les premières saisons, mais arrivé à saison 3 et 4… c’était brillant.

          Je comprends l’argument de Sylvain sur l’industrie f-o mais il est complètement dans le champ de dire qu’il n’a pas d’ambition de rediffusion. Et de dire que : la seule raison qu’on a établie une industrie télé dans le Nord dans le seul but de faire travailler les gens, peu importe la qualité du produit final. C’mon! On ne fait pas travailler des gens juste pour faire travailler des gens!?!

          Les gens qui travaillent dans l’industrie ici sont des pros qui travaillent des 14-16 heures par jour à faire quelque chose dans lesquelles ils croient.

          Oui, il y aura des hics! C’est normal. J’espère que tu tiendras ta promesse Sylvain de suivre la saison jusqu’à la fin parce qu’en saison 2… laisse-moi te dire!

          • AG

            J’ai l’impression qu’on dit un peu la même chose, je suis d’accord avec toi. C’est essentiel de développer la critique en Ontario français, je la préfère un peu plus nuancé, je devrais peut–être aller lire Liaison la prochaine fois.

          • PRH

            Mais attention les amis! Il ne faut surtout pas s’attaquer à Tagueule!!!

  • tvqc

    Merci pour le lien 🙂

  • Après avoir essayé Francoeur et m’être tapé la première saison entière de Météo+ par «patriotisme civique franco-ontarien» (pour dire les choses avec lyrisme), j’ai décidé de passer mon tour dans ce cas-ci. Il semble bien que ma décision fut bonne. 

    Ni l’art, ni l’industrie de la dramatique filmée ne s’improvisent; ils se développent lentement, à coups d’essais et d’erreurs. On est encore loin d’une production exportable, mais j’espère néanmoins que l’Ontario français produira des séries et des films de façon régulière à l’avenir. Ce serait fantastique qu’un authentique corpus d’oeuvres franco-ontariennes de qualité se constitue, comme cela s’est fait en littérature.

    • AlexandreDisqus

      J’aime ton optimisme, Frédéric! Et je le partage. 🙂

  • Celle qui doute!

    Triste de gaspiller autant d’argent. Quand je vois des comédiens qui viennent du théâtre récitant des textes écrits pas des théâtreux, des chanteurs qui veulent faire du cash en devenant comédien… ça ne tourne pas rond.

    • Nicole

      Et pourquoi pas?  Il est clair qu’il y a beaucoup à améliorer ici mais c’est un commencement et il faut donner la chance aux gens de faire leurs preuves.  Faudrait-il aller chercher des Français et des Québécois qui ont plus d’expérience et dont la langue roule plus facilement pour jouer des rôles de gens qui vivent une réalité franco-ontarienne?  J’ose croire qu’on ne s’abaissera pas à ce niveau.  Au lieu il faudrait offrir la formation à nos artistes et comédiens.

    • libraire

       Ouf!!  Comptez-moi comme membre s’il y a un fan
      club Stef Paquette.  Ce gars-là à bosser comme un maniaque pour chacun des
      rôles qu’il a mérité!
       

      • LJ

        Quoi? Y’a un club pour les chanteurs voulant devenir comédiens (à la Guildor Roy)?

  • Piss en lit

     Je suis d’accord pour le sentiment en général – c’est pas fameux comme émission.  Mais quelques points:

    1 – Météo+ ce n’était pas du « slapstick quétaine presque réussi » – C’était du vrai bon satire intelligent, habillé en sitcom quétaine – et ça n’a fait que de mûrir au fil de ses quatre saisons!

    2 – Tu trouves vraiment que c’est une tentative de recréer Les Boys?  À part du fait que le hockey joue un certain rôle dans la série, je ne vois aucune ressemblance (ni même au niveau de l’intention).  Dirais-tu que Glee essaie de recréer Saved By The Bell parce que les deux se passent au high school?

    3- Les accents ne sont pas constants dans la vraie vie.  Parle à cinq francophones dans ton entourage aujourd’hui et remarque les différences.

    4- Oui, la musique c’est un bummer.  D’ailleurs, c’est la musique qui gâchait Météo+ aussi…

    5 – Il faut se rappeler que « l’industrie de la télé franco-ontarienne » est extrêmement jeune.  Si tu veux avoir un produit de très haut calibre, il faut d’abord donner la chance à l’industrie de se développer tranquilement.  On est tous habitués à voir des films et des téléséries américaines, (et même québécoises et anglo-canadiennes) qui sont produit d’industries qui se développent depuis plusieurs générations!  (À part de ça – en ce qui concerne les produits américains – nous ne voyons pas plus que le top 1% de tout ce qui est produit à Hollywood et New York – c’est ben important de produire de la scrappe afin d’en frapper des bons de temps en temps!)  Il ne faut pas se décourager si vite si, sur une demi-douzaine de productions f.-o, il n’y en a toujours pas que des médiocres…

  • GabrielGrenier

    Combien de gens du nord sont vraiment derrière la production de cette émission? Chui sûr qu’il y a des subventions pour de la télé faite dans le nord pis que pleins de gens de l’extérieur viennent ici juste pour nous piquer nos subventions sans trop avoir de « carotte au bout du bâton ». D’un autre côté, si eux ils viennent pas se servir de l’argent qui est là, qui le fera?

    • Plus que la moitié des gens qui travaillent sur la série viennent d’ici. Les gens qui viennent d’ailleurs sont des gens qui amènent des compétences qu’on ne pourrait trouvés ici. Ceci étant dit, je ne peux pas parler pour eux, mais Carte Blanche a toujours investi du temps et de l’énergie dans l’entrainement de gens d’ici pour remplir les postes vacants et créer une véritable armée pour soutenir l’industrie du film dans le Nord Ontarien.

      Oui, il y a des crédits d’impôt pour le Nord (pas des subventions!) mais c’est toujours réinvesti dans la région (la bouffe, les hôtels, les costumes… bref un budget de plusieurs millions de dollars qui est dépensé dans le Nord.)

      J’ai été très hésitant d’embarquer dans le projet de Météo+ lors des débuts, justement parce que je pensais que ça ne sentait pas mal la carotte. J’avais complètement tort.

      S’ils produisent de la télé ici (et continuent), c’est parce qu’ils croient à la communauté du Nord Ontarien, c’est parce qu’ils sont tombés amoureux du paysage d’ici, des gens, d’hospitalité et d’une équipe en place qui travaillent fort et adorent ce qu’ils font ici à Sudbury.

      J’ai plusieurs amis d’Ottawa qui considère maintenant Sudbury leur chez eux à cause qu’ils ont eu la chance de travailler ici, de découvrir la communauté, de boire des pintes à Townehouse, de se baigner dans le lac Ramsey l’été et qui n’oserait jamais penser vivre ailleurs.

      Je te garantis qu’ils ne sont pas ici que pour « piquer des subventions ».

      • GabrielGrenier

         Ah bon. C’est bon à savoir! Merci des clarifications!

  • CGuilmain

     Voici un commentaire que j’avais publié sur Face de book
    après avoir subi un autre épisode des BLEUS DE RAMVILLE.Un premier moment de vérité ce soir dans la série franco-ontarienne « Les Bleus de Ramville » : le personnage de Christian avoue qu’il n’est peut-être pas assez intéressant. Bingo! Pour une fois, un personnage dans cette série dit juste. Non, il n’est pas assez intéressant et il en va de même pour le reste des personnages. Je n’ai jamais vu de personnages aussi peu intéressants à la télévision. Sur une petite musique dramatique, tous les personnages se traînent comme si leur chien venait de mourir. Et pourquoi? Parce que la mine vient de fermer et que les citoyens de la ville ne savent pas d’où viendra leur prochain chèque de paye? Non! Les personnages dans cette émission sont au bord du gouffre parce que les membres de l’équipe locale de hockey sont en « chicane » parce que le capitaine aurait volé la puck souvenir de la blonde de son coéquipier.Cette tragédie mène la protagoniste à réaliser qu’elle est amoureuse d’un trou de cul. On s’en fout! Car bien qu’on ne cesse de parler du trou de cul en question, ce n’est qu’un personnage secondaire qu’on ne voit qu’à l’occasion. L’enjeu, qui avait le potentiel d’être intéressant, à la manière du film « Le Vendeur » de Sébastien Pilote, c’était la fermeture de la mine et les conséquences pour les citoyens de cette petite ville. Mais ce drame est à peine effleuré. Les auteurs préfèrent nous montrer des personnages qui souffrent parce que leur équipe de hockey semi-professionnelle est perdante. ON S’EN FOUT! On ne les voit jamais jouer. Les auteurs ne semblent pas comprendre que la télé, comme le cinéma, c’est un médium d’images. Le personnage de Gilbert Sicotte dans Le Vendeur, n’est pas obligé de nous expliquer ce qui lui arrive. On le comprend. Je gage qu’il y a davantage de répliques dans cinq minutes de Ramville que dans tout le film de Sebastien Pilote. Ça ne rend pas la série plus éloquente. Au risque de briser l’Omerta franco-ontarienne qui doit taire tout commentaire qui serait défavorable quant au produit franco-ontarien, j’ose affirmer mon opinion: Les Bleus de Ramville, c’est franchement mauvais. So, just shoot me.

    Claude Guilmain