Quand on devient minoritaire dans sa propre école

Après avoir lu l’article « Perspective sociolinguistique sur le comportement langagier des Franco-Ontariens » de Raymond Mougeon, je me suis mis à réfléchir au problème des ayants droit dans les écoles de langue française en Ontario. Au contraire des écoles de langue anglaise de cette province qui divisent les classes en immersion et en « core French », tous les élèves des conseils scolaires de langue française sont envoyés dans les mêmes salles de classe — qu’ils soient de langue maternelle anglaise ou de langue maternelle française.

En fait, l’idée d’avoir des « ayants droit » qui ne parlent pas un mot de français dans les écoles de langue française est dérangeante en soi. Si l’école de langue française est le bastion qui espère pouvoir permettre un refuge et un endroit d’épanouissement pour les jeunes francophones de l’Ontario (malgré le fait que ce rôle imposé est déjà trop large pour une seule institution), pourquoi cherche-t-on constamment à diluer la francophonie au sein même de celle-ci? Si au moins l’école arrivait à former ses propres enfants dans la langue et culture de l’Ontario et du Canada français, il n’y aurait pas de problème. Comme ce n’est pas le cas, comment peut-on s’attendre à ce qu’elle le fasse avec les ayants droit?

« En effet, c’est en apprenant une langue de leurs parents [qui ne font pas toujours l’effort/ne ressentent pas le besoin d’immerger leurs enfants dans la langue française à la maison] ou des locuteurs natifs qui font partie de leur environnement [c’est-à-dire, leurs camarades de classe, trop souvent unilingues anglophones] immédiat que les jeunes enfants s’approprient les normes linguistiques de la communauté qu’ils deviennent ainsi eux-mêmes des locuteurs natifs de cette langue et qu’ils peuvent éventuellement à leur tour servir de modèle linguistique aux générations suivantes. »

Raymond Mougeon, Perspective sociolinguistique sur le comportement langagier des Franco-Ontariens

Comment alors, les jeunes francophones seraient-ils en mesure de retransmettre quoi que ce soit s’ils n’ont jamais eu la chance de bien acquérir la langue et sa culture associée dès le départ? De toute façon, quelle raison ces élèves auraient-ils pour vouloir l’acquérir tout court? Comme l’a expliqué Rosanna Leblanc en 1969 dans le documentaire de Michel Brault, Éloge du chiac, « parler français parce qu’on est Français, quelle résonance est-ce que ça a chez un enfant qui grandit, qui ne se fait pas de problème de philosophie sur qui il est »?

Déjà dès un jeune âge, l’enfant qui est de langue maternelle française est aliéné, et ce, dans sa propre institution. Ironiquement, c’est au sein de cette même institution qu’il sera écœuré par ses professeurs qui lui répètent « parle français », malgré le fait qu’elles et ils sont responsables pour le contexte poussant l’élève vers l’anglais.

Il ne faut pas oublier les « si vous parlez français, vous aurez des meilleures chances d’avoir un emploi! » fréquemment entendus dans les salles de classe. Comme si le fait de parler sa langue maternelle était justifiable seulement par le fait d’être mieux rémunéré qu’un voisin unilingue! Pourtant, les professeurs continueront à offrir ce raisonnement à leurs élèves parce qu’ils ne sont pas conscients de leur propre culture ou de l’histoire de leur pays. Oublient-ils comment l’union des deux Canada a été achevée? Se rendent-ils compte qu’il existe un autre monde à l’extérieur d’American Idol (laissez faire le défunt Canadian Idol), de UFC et de Jersey Shore?

Bien sûr, il y a des exceptions à la règle. Les bons professeurs existent. Ils exposent leurs élèves à ce qui formera au moins les éléments de base d’une culture générale. Si une faible proportion d’élèves décide de maintenir (au moins en partie) leur identité française, c’est en grande partie grâce aux efforts de ces trop peu nombreux enseignants intelligents et conscients. Ce n’est pas que la culture de langue anglaise est néfaste. Au contraire, la possibilité de s’immerger dans une deuxième langue enrichit sans doute la vie d’un individu. Cependant, si cet individu n’a jamais eu l’occasion de baigner dans la culture de sa première langue c’est certain qu’il la trouvera vide, plate, désuète, inutile, et en conséquence, il l’abandonnera. De toute façon, si on ne cherchait pas à attirer une clientèle anglophone, faudrait-il vanter le bilinguisme autant qu’on le fait actuellement ou pourrait-on insister sur l’excellence du français au lieu?

L’éducation de langue française en Ontario est en danger. Pas par la menace que pose l’anglais, mais par la menace que pose l’instruction par des acculturés et par la menace que pose un milieu anglophone au sein des écoles de langue française. Si on veut pouvoir continuer à vivre en français en Ontario (même si ce n’est pas dans la totalité des sphères de la vie quotidienne), il faudra d’abord former les enseignants en culture et en conscience franco-canadienne afin qu’ils soient en mesure de retransmettre celle-ci à leurs élèves. Apprendre qu’il y a des petits francophones à Shédiac au Nouveau-Brunswick, à Sherbrooke au Québec, à Winnipeg au Manitoba et ailleurs au Canada qui vivent des choses semblables à ceux de Sudbury (ou Ottawa, ou Kapuskasing, ou Hearst) en Ontario, ça peut influencer les choix et ouvrir l’esprit du jeune francophone. Également, il faudra veiller à ce que les élèves qui arrivent en maternelle soient accueillis dans un milieu qui est véritablement entièrement francophone, incluant la cour de récréation. Les conseils scolaires francophones de l’Ontario sauront-ils relever le défi?

  • Bibi

    Tu as en partie raison.  C’est vrai qu’il existe des acculturés dans le monde de l’enseignement lorsqu’on parle de culture et langue française dans les écoles de l’Ontario français.  Cependant le gros problème ne vient-il pas de ce qui se passe ou ne se passe pas dans les foyers?  Souvent les parents, qui ne prennent même pas eux-mêmes le temps de favoriser cet aspect de leur culture se fient aux conseils scolaires et aux écoles, donc aux enseignants et enseignantes pour le faire.  Eux ils s’en lavent les mains puis blâment les écoles de ne pas bien faire le travail.  Et bien c’est une responsabilité qui découle des deux, écoles et parents!  C’est en organisant et en vivant des activités à l’école et en famille, et en s’impliquant que leurs enfants s’impliqueront!  On ne peut pas s’attendre à ce que les jeunes vivent leur culture et leur langue si les parents et les enseignants ne s’y intéressent pas ouvertement.

  • franco_parent

    (J’espère que je peux te tutoyer.)
    On est un peu pris entre l’écorce et l’arbre. D’un côté, on veut des enfants francophones. D’un autre côté, on veut contrer l’assimilation des francophones. Voilà pourquoi nous invitons ceux qui ne parlent pas français à la maison dans nos écoles. Est-ce de leur faute s’ils n’ont pas eu l’occasion ou la chance de garder leur français? Dans certains cas, peut-être que oui, mais dans la majorité des cas, non. J’ai tellement d’ami.e.s qui ont arrêté de parler français parce que des « puristes » francophones leur ont dit qu’ils parlaient mal ou ont tout simplement commencé à leur parler en anglais quand ils ont essayé de leur parler français.
    On vit dans une minorité. Est-ce possible pour nous de s’attendre à avoir des milieux entièrement francophones? Absolument. Est-ce que les profs doivent dire « parlez français » à tout bout de champ? Peut-être. Les directeurs et les directrices créatifs sauront te dire comment ils ont fait. 

    Je suis hyper d’accord avec toi quand tu dis: il faudra d’abord former les enseignants en culture et en conscience franco-canadienne afin qu’ils soient en mesure de retransmettre celle-ci à leurs élèves.

    Voilà le vrai problème dans nos écoles de langue française. Un corps enseignant qui ne vit pas sa culture, ni sa langue. Des enseignants qui ne parlent pas bien la langue (et quand je dis « bien parler », je ne parle pas d’accent, je parle de qualité) avec des conseils scolaires et des directions d’écoles qui n’insistent pas pour améliorer cette qualité. 

    Quel est le rôle des autres parents et de la communauté dans tout ça? Pourquoi ne pas leur offrir des cours de français à l’école? Offrir des cercles de conversations françaises? Il ne faut pas sous-estimer le rôle de la communauté. Il faut créer des occasions pour les parents et les enfants de vivre en français à l’extérieur de l’école aussi. Il faut des associations de parents fortes pour accompagner les parents francophones en mariage exogame ou des parents qui ont perdu leurs français.

    Ma communauté francophone inclus ceux et celles qui ont été rejetés de cette communauté (qui ont cessé de parler parce que leur français n’était pas « assez bon »). 

    C’est vraiment dommage quand on dit à nos jeunes et à nos anciens jeunes (qui sont maintenant parents), « toi, t’es pas assez francophone pour être dans mon école. » 

    • Joel_nb

       Ce n’est pas une question d’exclure pour exclure. C’est une question d’offrir à chacun une éducation adaptée à leurs besoins. Excusez-moi, mais un enfant de 4 ans qui baragouine quelques mots de français et un autre qui ne parle que le français n’ont pas les mêmes besoins en matière d’éducation. Qu’on arrête de me dire que leur offrir des programmes adaptés à leurs besoins revient à pratiquer l’exclusion.

      En ce qui concerne la métaphore de l’arbre et l’écorce, elle est bonne, mais seulement jusqu’à un certain point. C’est une chose que d’admettre, voire de rechercher les enfants de famille exogame oèu le français a encore une certaine place. C’en est une autre que d’avoir des affiches partout en ville déclarant « my adventure starts en français » et « even if you do not understand French, your child might be eligible for French schools ». Visiblement, les conseils scolaires s’inscrivent dans la logique du marketing et de la croissance, et non dans la perspective de, plus simplement, bien desservir la communauté francophone. Ils doivent assumer une part de responsabilité pour le climat anglo des cours de récré.

      Un parent.

    • C’est toujours un peu compliqué, la question du niveau de langue en français. Les gens qui parlent castillan (soi-disant espagnol) n’ont pas ce problème. Pour eux, on peut parler leur langue n’importe comment, et ils s’en foutent. En français, on fait un grand effort pour essayer de garder la pureté de notre langue, qui autrement ne fait que perdre des mots sans jamais en créer de nouveaux en français. Quand les gens remplacent le mot « défi » par « challenge » (bien qu’en ancien français, ça se disait), ne risquent-ils pas d’oublier jusqu’à l’existence du mot « défi » ? Quand on a créé le mot « courriel », on a voulu ne pas devoir se reposer sur un mot anglais, qui comme toujours, aurait pris toute la place, comme ça arrive tout le temps en France. C’était pour que notre langue continue de créer de nouveaux mots, au lieu d’en perdre. C’est toujours difficile de décider comment on veut parler français : à quel point se donner de la liberté ? Comment contrer la tendance qu’à notre langue à s’appauvrir en mots, mais sans être ridicule ? C’est toujours un gros dilemme, et ça donne au étrangers l’impression que nous sommes des nazis de la langue. Le pire du pire, c’est quand on « pense » en anglais mais avec des mots français. Ça arrive tout le temps chez les scientifiques, qui ne font aucun effort pour ne pas laisser leur français se contaminer et s’appauvrir.

  • LeCanardHasBeen

    L’absence de rôle-modèles non institutionnalisés me semble LE gros problème. Les jeunes ne sont après tout que le miroir de ceux qui les ont précédé. Le miroir est souvent cruel et révélateur du manque d’investissement personnel dans notre langue et culture. Blâmer les écoles me semble manquer de quoi d’encore plus fondamental. Cela dit, il fait bon de voir sur TG un média (et des participants) non
    institutionnalisés prêts à s’investir davantage dans leur langue et
    culture.

  • Christine Dallaire

    Ayant travaillé trois ans dans le domaine de l’enseignement en Ontario, je peux vous assurer qu’effectivement il y a un problème au niveau de la culture francophone des enseignants. Beaucoup d’entre eux consomment que des produits culturels anglophones ce qui fait en sorte que leur capacité à transmettre le goût de vivre en français est très limitée. D’ailleurs, seulement qu’un petit nombre de ces enseignants fréquente le seul centre culturel francophone de la région.  Trop souvent j’ai vu des enseignants discuter avec des étudiants et ponctuer leurs phrases d’expressions anglophones quand ce n’est pas carrément la langue utilisée tout le long de la conversation. Il y a donc une dichotomie entre ce qui est prescrit et valorisé et ce qui se passe sur le terrain. D’un côté ils veulent encourager les jeunes à parler français en leur mettant la carotte devant le nez avec les beaux principes de bilinguisme et de possibilités d’emploi, que c’est important pour la survie du français etc., tandis que de l’autre côté, ils ne peuvent pas faire la promotion des arts, de la culture et de l’histoire convenablement car eux même n’y sont pas familiers. Lorsque tes connaissances de la culture francophone se limitent à Star Académie,Tout le monde en parle, le réglement 17 et la Bataille des plaines d’Abraham quelque part au 18e siècle, il va de soi que tes outils pour transmettre une langue sont manquants. Plusieurs enseignants et ou animateurs culturels utilisent parfois le jeu en salle de classe, ce qui est tout à fait approprié dans le cadre scolaire. Par contre, calquer ces jeux sur des modèles anglophones ne fait que créer un malaise. Il faut être créatif et se libérer de cette fâcheuse habitude qui est de toujours vouloir reproduire des produits culturels américains tels que Jeopardy, American Idol, La Roue de Fortune et Thriller. En fait, préparer des activités copiées sur ces modèles ne fait qu’accentuer chez les jeunes le malaise d’être francophone. Comme si notre propre culture n’était pas suffisament à la hauteur pour générer nos propres référents.    
     
    Laissez-moi vous partager un petit sondage que j’ai fait lorsque je suppléais en salle de classe. J’ai demandé à tous les élèves de la classe quel serait l’artiste ou le groupe francophone qu’ils aimeraient voir en spectacle à notre centre culturel sans égard de la provenance et de la notoriété de l’artiste/du groupe. J’ai voulu pleurer lorsque chaque élève m’a dit qu’il n’écoutait pas de musique francophone donc qu’il ne connaissait pas d’artiste francophone. Merde! Je m’attendais au moins à entendre le nom de Marie-Mai ou Radio Radio. Même pas! Il y a du chemin à faire….

    • Le problème, côté musique, c’est que dans le monde français, on dénigre notre musique (car on a pour référence des veilleries qui ne plaisent plus), et on se tourne que vers l’anglais, parce que l’anglais fournit la musique avec l’énergie que les gens recherchent. Pourtant, si on se donne le mal, on peut faire de la musique en français, mais à notre goût moderne. Si nous n’avons pas en français ce que nous aimons, créons-le ! D’accord, il y a des gens pour le faire, mais si peu ! Nous avons oublié que nous pouvons faire en français tout ce que nous voulons. Faut arrêter de se dénigrer soi-même. Je suis capable d’aimer des chansons chantées en espagnol, en allemand, en suédois, en anglais, et en afrikaner… pourquoi ce ne serait pas pareil pour le français ? Même pas besoin de le parler pour aimer une chanson en français !

      • Djosef Bouteu

        Combien de fois a-t-on entendu qu’il n’était pas possible de faire du bon rap en français? (ou même du bon rap tout court. Les putes et la drogue à moment donné…) Certains ont même fini par croire que c’était vrai.

        Puis est venu Loco Locass, qui chante du rap en français avec une telle maîtrise du rythme et du verbe que ça frappe comme une révélation : le français, c’est GÉNIAL.

        Y a même Samian qui s’est mis avec Loco Locass pour rapper en algonquin pis en français.

  • La terreur de Coppell

    Ok…l’intention de l’article est bonne. C’est un discours que j’ai déjà tenu, que je tiens encore parfois. Je vous dirais que ma position a changé…oui, les profs sont souvent acculturés, oui, les ayants droits arrivent à l’école avec quelques mots de français (s’ils sont chanceux) et une fois la francisation dans son sens large amorcé, les parents les transferts souvent dans des écoles secondaires anglophones parce qu’elles sont meilleures, plus proches de la maison etc etc…On ne peut rien y faire…je pense que certains conseils scolaires ont trouvé des pistes de solutions. À Timmins, les ayants droits non locuteur sont regroupés dans une école qui a pour objectif une francisation accélérée afin que les enfants puissent intéger le main stream français au plus vite; certaines écoles offrent aussi des cours de français aux parents anglophones (à Sault-Ste. Marie je crois). C’est clair qu’il y a aussi l’enjeu des enfants issus des familles exogames, ou un parent ne parle qu’anglais…ce que je souhaiterais voir c’est une structure d’accueil à l’école oui, mais aussi dans nos communautés. On perpétue le stéréotype que l’anglo qui a épousé une ou un francophone a un effet assimilateur. C’est vrai. Mais il y a aussi l’anglo qui veut que ses enfants parlent français, qui aimerait bien une place dans le système scolaire et dans la société franco ( insérer ici ontarienne, manitobaine, etc etc) … nous avons souvent le réflexe non pas d’exclusion mais de protection. En tant que communauté, nous avons payer cher pour nos institutions (bataille, tribunaux, manif, négos) et nous en sommes fiers propriétaires. Je pense que ça revient finalement a une question de moyens et de décisions … formation, structure d’accueil, conscientisation, actualisation, inclusion.  C’est à nous, à agir, à l’ensemble de la communauté de trouver des solutions et ainsi, à inciter des nouveaux francos, ou des francos qui ont décrochés ou encore à des francophile de se sentir acceptés, accueillis et prêts à s’engager. Nous sommes responsable de notre avenir. Nous sommes redevables à nos enfants, à nos petits-enfants. Donnons-nous les moyens. Une piste de solutions: fusion des conseils scolaires ou c’est la langue française qui devient le point de ralliement et non pas une question de division ou d’idéologie religieuse. Les sommes libérées, les actions concertées, la masse critique de francophones nous permettra peut-être de trouver des solutions novatrices pour l’intégration des ayants droits, de leur famille dans notre communauté.  

  • L’éducation en langue française (ÉLF) constitue certes un instrument social central à la transmission de la langue française que partagent tous les membres de notre communauté franco-ontarienne riche, diversifiée et en constante mutation. C’est la raison pour laquelle les institutions qui composent le système d’éducation en langue française en Ontario se sont dotées de Politiques d’aménagement linguistique (2004-2011) Politique d’aménagement linguistique (PAL) et la Politique d’aménagement linguistique pour l’éducation postsecondaire.  Malgré tout, il faut reconnaitre que l’ÉLF ne peut, à elle seule, garantir la vitalité renouvelable de la communauté francophone en Ontario, pas plus qu’elle ne peut, unilatéralement freiner l’assimilation.  
     
    De fait, l’essor de la francophonie, que ce soit en Ontario ou ailleurs au pays, doit faire l’objet d’un projet de société.  L’intervention concertée d’un nombre important d’organismes, de gouvernements et d’individus s’impose pour valoriser la francophonie, lui accorder une pertinence sociale, et ce dans toutes les sphères d’activités humaines.
     
    Pour l’instant, l’augmentation de la population repose sur l’immigration, laquelle n’est pas forcément majoritairement francophone.  Les couples exogames se multiplient plus rapidement que les couples unilingues francophones.  L’anglais domine l’ Internet et le monde, alors qu’au pays, tel qu’en font état les recensements,  le pourcentage que représentent les francophones est en constante diminution.
     
    C’est dans ce contexte social que le système d’éducation en langue française en Ontario s’acquitte de son plein mandat.  Les écoles et collèges de langue française desservent effectivement des clientèles dont le profil évolue au rythme des transformations que connait notre société.  Les élèves, étudiants et étudiantes de l’ÉLF vivent une expérience de vie et d’apprentissage unique, dans un milieu francophone accueillant la diversité.  Les excellents programmes et services qui leur sont offerts leur permettent d’atteindre des taux de réussite enviables.
     
    Eh oui, effectivement, un nombre important d’élèves qui fréquentent les écoles de langue française parlent souvent une langue autre que le français à la maison.  Tel est aussi le cas de plusieurs étudiantes et d’étudiants inscrits dans nos collèges francophones.  Reste que ces individus ont choisi d’étudier dans un milieu francophone.  Ils valorisent donc, sans doute, la francophonie même si, étant pour la plupart bilingues ou même trilingues, ils ne s’expriment pas toujours, en français. Il faut donc miser sur cet amour de la langue et de la culture dans lesquelles ces jeunes ont choisi de s’éduquer pour créer les conditions leur permettant de développer cet amour en passion.      
     
    À cet effet, l’ÉLF jouera le rôle qui lui revient dans l’actualisation de tout Grand plan ou de toute carte routière que se donnera notre société pour valoriser le français et revitaliser la communauté francophone.    
     
    Lien intéressant que vous pouvez consulter :
    Recensement de 2006 : Le portrait linguistique en évolution, Recensement de 2006

    • Réponse typique institutionnel complètement débranché de la réalité. Check.

    • Vous évacuez le débat de fond pour faire nous apaiser avec de belles paroles vides. Essayez de vous améliorer, de faire toujours mieux, au lieu de nier les questions et les préoccupations que soulèvent les gens !

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  • Éric B.

    Selon moi, il y a quelques facteurs qui influencent la pensée des jeunes écoliers hors-Québec.

    Dans ma région de la Baie-Nordique (North Bay si vous préférez), malgré que nous vivons dans une région avec une désignation de « bilingue » par la province (le Nipissing), les services du gouvernement provincial, fédéral ou municipal ne sont pas toujours disponible dans notre belle langue. Les affiches ne sont bilingue qu’à moitié du temps. Je n’ai jamais vu une affiche octogonaise avec le môt « arrêt » sur les autoroutes d’ici. La ville est unilingue malgré une population de 9000 francophones (15 000 francophones/philes). J’habite à peine, une soixantaine de kilomètres de la frontière du Québec et le service en français se retrouve plutôt râre en milieu communautaire. Il n’y a pas de presse locale de langue française chez nous présentement, et notre seule moyen de nous renseigner de ce qui ce passe dans notre langue c’est avec un agence de presse régionale qui n’a même pas de bureau sur notre territoire (Radio-Canada).
    Je suis dans la vingtaine, et malgré un modeste réseau social d’amis(es) qui ont fréquenté l’école française avec moi, il m’arrive parfois de me sentir un peu seul dans ma bulle puisque la plupart des gens de ma génération ont de la difficulté à s’identifier dans cette culture qui est la nôtre (à moins qu’ils ou elles s’inpliquent dans les activités). Les infrastructures ne sont pas là pour pouvoir vivre dans sa langue au quotidien ici.
    Alors je vous pose la question suivante; comment voulez-vous qu’une personne d’ici s’accrochent à notre belle langue (et culture) si les gens ne peuvent vivre leur langue qu’en salle de classe, et que la seule culture que l’on rend disponible souvant c’est celle d’un pays étrangé (celle des États-Unis)? Sommes-nous vértiablement des citoyens/ennes égaux?
    Solidarité?

  • Valerie

     
    Allez voir – yourfrenchschool.ca
    Le CSDCCS essaye d’informer la population que c’est le temps d’inscrire
    les enfants à l’école en français auprès des médias en anglais avec un
    site web en English. Le petit vidée informatif cite à 1:21
     »Je ne pense pas qu’ils se rendent compte qu’ils apprenent une deuxième
    langue » en faisant référence àla langue d’enseignement. C’est quand
    même pas des écoles d’immersion en français, mais de vraies écoles en français pour lesquelles nos grand-parents se sont battus.
    Et à 5:07 on parle du cadeau de deux langues. Chez nous on en parle 3.
    Je ne m’attend pas à ce que l’école leur fassent le cadeau d’une
    deuxième langue avant la 4e année, merci! http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=daVLYIVKzFY
    Viens chez nous – élémentaire avec sous-titre
    http://www.youtube.com

    Le  »Conseil scolaire de district catholique centre sud » lance sa campagne d’inscription pour aller à l’école en français.
    L’annonce était même dans le Toronto Star ; Une des réalité
    franco-ontarienne étant que nous sommes à l’aise avec les médias
    anglophones. De plus, si un ami ou un conjoint anglophone trouve
    l’annonce dans les journeaux, il pourra dire aux francophones qu’ils
    connait d’aller voir le site: yourfrenchschool.ca (Un site anglais pour
    une école en français correspond certainement aux besoin d’un parent
    anglophone qui voudrai en savoir plus… mais c’est quand même un peu
    ironique). Dans l’annonce 5 case sont cochées dont une qui dit  »My child is becoming bilingual ».
    Nous on parle 3 langues à la maison, mais nos enfants vont à l’école en
    français pour apprendre cette langue. Dès la 4e année, ils apprennent
    l’anglais, même si les enfants lisent déjà l’anglais d’eux-même en 2e
    année !  »My child is growing in an environement rooted in
    christian values. » Moi qui croyait que c’était une éducation plus
    spécifiquement catholique. Une fois sur le site web il n’est
    pas évident de trouver le lien en français. Oups! De plus je crois que
    d’oublier de mentionner qu’il faut avoir un antécédent francophone
    laisse la porte ouverte à ceux qui ne trouvent pas de place dans les
    écoles de French Immersion. Jouez le vidéo, sur le site web en
    question, et une enseignante dit:  »… je ne pense pas qu’il se rendent
    compte qu’ils apprènent une deuxième langue (à 1:21), c’est leur vie
    qui continue comme ça ». (avec le sous-titre  »I don’t think they
    realize that they’re learning a second language, it just comes
    naturally. ») J’ai failli m’étouffer! Elle parle du français ?
    Il est vrai que certains enfants n’ont pas eu l’occasion d’entendre le
    parent francophone parler en français ou qu’ils ont passé leur enfance
    dans des garderies anglophones, mais la majorité des enfants qui
    arrivent à l’école comprennent ou même ( !!!) parlent le français, bien
    que certains ont besoin d’aide à leur entrée à l’école. Plusieurs
    d’entre eux parlent le français avec aisance en 1ère année, puisque
    c,est la raison d’être de l’école de langue française. Ce qui
    m’attriste est que nous ne prenons pas une position de  »français en
    premier » dans un domaine qui est défini par la langue. C’est faire fi
    des luttes de nos ancêtres qui se sont acharnés pour le droit d’avoir
    des écoles en français. Je suis honnêtement contente de voir
    que bien des familles désirent envoyer leurs enfants en French Immersion
    pour leurs offrir des avantages au niveau du travail, plus tard, et je
    sais que certaines familles qui ont le droit aux écoles en français y
    inscrivent leurs enfants pour bien des raisons, mais… Mais nos écoles
    se doivent de ne pas se présenter comme un autre genre de French
    Immersion où on leur offre  »le cadeau de deux langues » (5:10 dans le
    vidéo). Combien d’école de notre conseil vont devoir expliquer qu’il
    faut qu’un des parents ai eu une éducation en français pour pouvoir
    avoir accès à ses écoles. Avez-vous déjà eu la conversation suivante lorsqu’on vous entends parler en français avec vos enfants ? Elle : ‘’Are you speaking French ?’’ Moi: ‘’Yes, my kids go to French School. ’’ Elle :‘’Oh ! So do mine! They go to (insert name of French Immersion School). Moi : ‘’How wonderful. I hear that’s a beautiful French Immersion School. But my kids go to a French-French School.’’ Elle: ‘’Hum. What’s the difference ?’’
    Moi: ‘’Well, you can send your kids to French Immersion even if you
    don’t speak French, but you have to speak French to send them to a
    French School.’’ Si nous ne sommes pas capable d’avoir la fièrté de notre langue… les Howard Galganov de ce monde ont la tâche facile… Notre Conseil Scolaire devrait avoir la fierté de son mandat.

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