Le village gaulois a son université

L’Université de Hearst avec ses campus à Kapuskasing et Timmins est la seule université franco-ontarienne dans la province. Tu le savais pas? Tu regrettes de t’être inscrit à la Laurentienne ou à Ottawa? Mettons que t’as ben raison.

Mais bon, fais-toi pas d’illusions. C’est vrai que l’Université de Hearst est purement, uniquement, terriblement francophone… franco-ontarienne, un peu… mais y’a encore de la job à faire. C’est juste que c’est pas vraiment, complètement une université. Y’ont un recteur, des profs, des campus à Hearst, Timmins et Kap, toute l’affaire, ben à eux… sauf que les diplômes dépendent de la Laurentienne. Là j’te vois rire, tu t’dis « c’est une joke ». Même pas.

S’ils veulent créer un nouveau cours, ou un nouveau programme, faut qu’y passent par les hosties de comités bilingues milingues de la Laurentienne. C’est des Anglos qui parlent pas un crisse de mot de français qui approuvent toutes les affaires pédagogiques de l’Université de Hearst. Pathétique, tu penses, et t’as pas tort. Ironique et historique surtout.

C’est d’autant plus débile qu’ils ont plus de profs de littérature qu’à la Laurentienne. Ça, ça devrait créer une petite gène aux linguistes du département d’études françaises de la Laurentienne; mais non même pas, rien. Alors l’indécrottable mais honorable Raymond Tremblay, recteur de l’Université de Hearst depuis toujours (tellement qu’on penserait qu’y ferait une crise cardiaque sur son bureau) vient de faire ses adieux… pas pour toujours, juste pour prendre une retraite bien méritée et faut bien qu’on lui tire notre chapeau, lui qui a gardé le flambeau de l’éducation post-secondaire en français dans le Nord pendant toutes ces années. Bravo man!

Mais bon, un petit message à son successeur, Pierre Ouellette. Ouellette, il est pas pire comme gars… sur plusieurs plans… Mais sérieusement Pierre, si tu dois avoir un objectif, un « result-based target blabla bullshit » comme on dit à la Laurentienne, c’est de faire de l’Université de Hearst une université INDÉPENDANTE! Une vraie, la seule, l’unique, celle qui créera un vrai mouvement, derrière laquelle on sera tous mobilisés, une université franco-ontarienne. Avec plus aucun lien avec la Laurentienne.

On l’aura alors notre vrai programme de littérature franco-ontarienne… rêvons deux minutes, y’a déjà Doric Germain, et puis on rapatriera Michel Ouellette pour le théâtre (y vient pas de Smooth Rock Falls?), et on donnera enfin une vraie chance à Gaston Tremblay de partager sa passion pour la poésie, et si y veut pas s’en revenir dans le Nord, on ira chercher nos jeunes poètes de la place, parce qu’il y en a! Pis, on le développera le crisse de programme en traduction. Ça c’était un hostie coup de génie du vieux Tremblay, parce qu’à la base, la traduction quand t’y penses bien, on s’y connaît, on fait ça tout le temps, c’est génétique, on est né comme ça, ça vient plus vite qu’une éjaculation précoce pour nous. Pis on fera de l’histoire franco-ontarienne, et tout plein d’autres affaires qu’on a besoin, ici dans le Nord, pour se développer, sans les Anglais.

Alors, Pierre, mets tes culottes, et déclare l’Université de Hearst indépendante! Bonne chance, on est avec toi! (ça c’est pas forcément une bonne nouvelle pour toi… mais, regarde man, ça dépend de toi!).

Vive l’UFO, vive l’UFO LIBRE!

  • Nom (required)

    Dommage qu'ils ont rejeté leur charte il y a plus de 50 ans.

    La province, d'ailleurs, n'a probablement aucun intérêt à donner une charte à une institution qui peine à toucher 200 étudiants, peu importe combien les Franco-Ontariens le veulent.

    De plus, sa position géographique rend l'Université de Hearst rien qu'une institution de région.

    Sa faible capacité de recherche la rend peu pertinente pour des études sur l'Ontario français et sur les francophones hors Québec.

    Elle n'a pas l'infrastructure pour répondre aux besoins de l'Ontario français. Au mieux, elle peut être une régionale de l'Université franco-ontarienne. Au pire, on a une université de seconde zone.

    Ouellet peut mettre autant de culottes qu'il veut, l'UdH est loin, pauvre, a peu d'impact et n'a pas l'intérêt de la province ni des étudiants de l'Ontario français. l'UFO, c'est à Ottawa au mieux et à Sudbury, au pire, qu'elle doit voir le jour, pour ensuite fédérer cette institution. Ce collège universitaire qui, au final, n'est pas l'Université franco-ontarienne, peu importe leurs campagnes de publicité. La déclarer indépendante, c'est ridicule. L'institution est à peine viable.

    Sans charte, les prétentions demeurent comme les Anglais sur la France lors du moyen-âge: des prétentions.

    Pertinente? Certes. Réaliste? Sortez de vos fantasmes et respirez un peu la réalité. La réalité que Hearst a perdu 1 000 habitants depuis le dernier recensement, que le Nord se vide et, lorsqu'il se renoue, il se renoue avec une main d'œuvre à meilleur marché qui vient de l'extérieur du pays, et que "l'âge d'or" du Nord, celle durant laquelle on était des pauvres nés pour des petits pains dans nos petites communautés qui fonctionnaient au capital American, est révolue.

    Mettres ses culottes?

    Certes, mais marchons donc vers la bonne direction, quand même, plutôt que d'improviser un rêve loufoque.

    Le village gaulois se meurt, ses enfants le quitte.

    • Lyne

      Que d’éloquence. Ce serait quand même bien assumé si vous signiez vos opinions.

  • Andréanne

    Et la bonne direction, c'est quoi?

  • Aurélie Lacas

    bah ça au moins cela ouvre le débat. Au premier commentateur non identifié, vos arguments sont pertinents mais dans le contexte où on doit juste se contenter d'universités bilingues alors que le Nouveau-Brunswick a Moncton, la Nouvelle Ecosse a Ste-Anne, et que le Manitoba, depuis peu a une vraie université française avec St-Boniface, ce ne serai déjà pas mal. Si je vous comprend bien c'est rien ou tout gros, moi je dis qu'une approche incrémentale n'est pas stupide. Et puis penser que la Laurentienne et Ottawa pourraient devenir autre chose que des institutions bilingues me paraît plus illusoire que Hearst indépendant.Cela pourrait pariciper du développement économique et culturel du vrai nord. En tout cas, ça vaut le coup d'y penser et d'en débattre.

  • L'Université de Hearst devrait probablement s'appelrt l'« Université » de Hearst, question d'induire toutes les nuances nécessaires au sujet du niveau de cette institution.

    J'imagine, par contre, que Hearst et/ou Timmins et/ou Kapuskasing pourraient être des campus nordiques d'une authentique université franco-ontarienne qui compterait aussi des antennes à Sudbury et Ottawa, voire Toronto.

  • Pensons Straite

    Il n'y a pas nécessairement de "bonne" direction, mais il y en a des plus réalistes que d'autres. Et certes, le débat est lancé, tant bien que mal. Mais en temps d'austérité, le pire c'est demander le moins.

    Comparer au Nouveau-Brunswick, autant qu'on aime ça, c'est manquer de contexte. La population francophone de cette province frôle les 1/3 de la population totale, elle est concentré dans le Nord.

    Le NB est bilingue, officiellement. Non seulement est-elle bilingue, cette province, mais elle structure son développement institutionnel linguistique selon le principe de l'équité entre les communauté linguistiques. Voilà un pas immense devant un gouvernement ontarien qui nous traite comme des taxpayers who sometimes speaks de French. Quand le nombre le justifie, et lorsque tu es prêt à attendre 30 minutes pour le franco qui est sur sa pause. L'éthique ontarienne en matière de francophonie est un échec: la loi 8 en est un important exemple (oupalai la vache sacrée).

    Les autres provinces ont eu des démarches singulières, le campus St-Jean à Edmonton demeure une mini entreprise avec un programme très restreint. Saint-Boniface, bien heureux pour eux, offre une fourchette de programmes à peine plus importante qu'à Hearst. Tu ne remplis pas des salles de classes avec des cours de français, ou en "étude Canadian". La démarche, toutefois, d'en faire une institution postsecondaire d'arts appliquées et universitaire est, je crois, à répéter.

    L'Institut français de Régina. Bof, on verra combien de temps ça dure, mais l'UdR veut la fermer, coûte trop cher. L'U St-Anne est davantage une école d'immersion d'une institution d'importance nationale.

    Que voulons-nous? Des programmes diversifiés (le manque de diversité est la première raison pour laquelle les étudiants vont ailleurs, dans les universités anglaises) avec des programmes d'études supérieures ou des programmes limitées simplement pour se taper sur le dos et se dire "Bravo, on l'a, notre beau bateau"?

    Think big.

    Il y a des structures en places, et malhereusement, la seule région où cela pourrait se produire, de façon réaliste, c'est là où la population francophone est majoritaire: l'Est ontarien/Ottawa. Elle a accès à un bassin important de québécois l'autre bord de la rivière, elle comporte de structures importantes à ce sujet et elle a une population étudiante importante, comptant son collège et ses institutions universitaires.

    D'ailleurs, j'ai vent que les Oblats aimeraient bien vendre l'Université St-Paul… Il s'agit seulement d'être créatif un peu.

    Ça fait 100 ans qu'on fait une "approche incrémentale", ça s'appelle le bon ententisme, ou les petits pas de Bill Davis. À vous de juger de son efficacité.

  • Une université franco-ontarienne à Ottawa ne serait pas franco-ontarienne. Vous le dites même, que l'avantage serait l'important bassin de québécois. Une taille université serait bien plus canadienne-française que franco-ontarienne.

  • @ Félix qui écrit « Une université franco-ontarienne à Ottawa ne serait pas franco-ontarienne. »

    Mais qu'est-ce qui fait qu'une université est ou n'est pas franco-ontarienne? L'origine géographique de ses étudiants ou sa direction et ses orientations? Si l'université axe son enseignement et sa recherche sur l'Ontario et l'Ontario français (sans négliger l'universel, évidemment), n'est-ce pas ce qui compte?

  • Si la plupart des étudiants sont québécois, et si on essaye d'éduquer autant des québécois que des franco-ontariens, dans une optique plus large, on ne parle plus d'une institution franco-ontarienne, proprement dite. Est-ce que l'Université de Moncton serait l'université des acadiens si on la remplissait de français et de québécois?

    Une université franco-ontarienne doit être un pôle pour une certaine prise de position franco-ontarienne. Sinon, why even bother? On est bien servis (en théorie) par nos universités bilingues. Si une institution que l'on désigne comme UFO enseigne un point de vue autre que celui des franco-ontariens, on chiale pour rien.

  • Je pense que le problème potentiel que tu soulèves n'existerait pas.

    Il est peu probable à mon avis qu'une université située en Ontario compte une majorité de Québécois. Pourquoi un Québécois s'y inscrirait-il? Parce qu'il habite à Gatineau? Ça ne fait pas beaucoup de monde.

    Ajoutons à cela 1) la concurrence de Montréal et de Québec (vie culturelle, prestige des universités, etc.) et 2) les orientations franco-ontariennes affichées et assumées de l'hypothétique université dont on parle, et on se retrouve, au final, avec ce qui serait vraisemblement une minorité d'étudiants québécois.

  • @Frédéric Je pense qu'une telle institution ne pourrait pas se dire franco-ontarienne si elle misait aussi fortement sur une clientèle québécoise.

    En même temps, je ne suis pas entièrement convaincu qu'il serait sage de miser sur l'Ontario français en recherche sans le remettre dans le contexte du Canada français. Je pense que ça finirait par donner une institution qui cherche à nous représenter sans vraiment nous ressembler. Etre Franco-ontarien, ce n'est pas la même chose à Kapuskasing, à Ottawa ou à Sudbury. Ce n'est même pas pareil entre Azilda et Minnow Lake.

    Cela dit, ne pourrait-on pas faire en sorte qu'il existe une institution centrale avec plusieurs campus qui, eux, chercheraient à ressembler à la population; une espèce de fédération de l'UdH, l'Ud'O et l'UL avec un seul sénat composé de membres de la communauté francophone de l'Ontario.

  • Selon moi, Ottawa, comme ville, est beaucoup plus canadienne que franco-ontarienne. Prove me wrong.

    • La ville d'Ottawa est en Ontario et a des gens qui parlent en français qui portent des pièces d'identités de l'Ontario. Peut-être en idéologie on voudrait dire qu'ils sont différents, mais on oubli que la définition d'un franco-ontarien par termes démographiques, c'est un ontarien qui parle en français.

      • Not saying que c'est pas franco-ontarien, ou que les ottaviens ne sont pas franco-ontariens… Je disais que c'est plus ­«canadien/fédéral/non provincial» que «franco-ontarien/régional».

        Je serais partant pour déclarer la région d'Ottawa-Gatineau (l'est ontarien et l'extrème sud-ouest québécois aussi)un genre de district fédéral, (http://en.wikipedia.org/wiki/Capital_district).

        • Ce serait une excellente façon d’achever de minoriser le français à Gatineau et d’embrayer l’assimilation des francophones dans cette ville.

  • GauloisHasBeen

    Pas facile de râtisser large sans se perdre, particulièrement quand l'air est de moins en moins respirable (read jobs).

  • Pensons Straite

    Félix, il faudra premièrement que vous "Provez Right" votre affirmation gratuite et sans fondement.

    Vous m'apprenez aussi que "Franco-Ontarien" est un groupe ethnique (trop de Québécois = pas Franco-Ontariens, on est loin de rebâtir des ponts avec des propos irréfléchis du genre). De fait, impossible d'intégrer à partir d'une institution créée en terre ontarienne des gens d'une autre culture, puisqu'ils vont réduire sa "franco-ontariennicité". On diras que c'est facile, mais franchement, ça pue le fascisme des propos comme ça. Bientôt, on va mesurer la blancheur de la peau avant d'admettre les gens qui ne font pas partie du moule "franco-ontarien", mesurer leurs accents, le lieu d'origine, etc.

    Trop Québécois? Trop Belge? Pas assez Moulin-à-Fleur? Pas assez Franco-Ontarien donc!

    C'est quoi, d'ailleurs, un point de vue franco-ontarien à l'université?

    Manger des pork 'n beans le matin, chanter Notre Place l'après-midi? Chialer contre les Québécois le soir et rêver à Trudeau la nuit? On va dire aux profs qu'ils n'ont pas le droit de dire Québec plus qu'une fois par jour? On va mettre des cameras pour s'assurer que les corridors sont assez franco-ontariens?

    Vous voyez, moi aussi je peux affirmer des propos essentialistes (et absurdes).

    Un peu de rigueur, quand même.

    • Aurélie Lacas

      et bon on se calme, personne n'a dit que les Franco-Ontariens étaient un groupe ethnique fermé. Mais on n'a plus rien à voir avec les Québécois. c'est quand même eux qui nous ont largué lors des États Généraux à la fon des années 60, après il a bien fallu qu'on s'invente notre identité, on ne sait pas trop à quoi elle ressemble et ce qui la constitue, mais les Québécois n'ont pas l'air de savoir non plus (lisez mon article sur Herouxville.. en anglais!). http://ojs.unbc.ca/index.php/cpsr/article/view/51
      Je suis d'accord avec Michel que cela fait longtemps qu'on aurait dû développer une série de campus comme l'UQ (bah oui les Québécois ont parfois de bonnes idées!). Quant au "ça coute cher" et "période d'austérité", faut savoir ce qu'on veut: est-ce qu'on a des droits constitutionnels, oui ou non?

      • « […] c’est quand même eux qui nous ont largué lors des États Généraux à la fon des années 60 […] »

        Celle-là, je ne suis PLUS capable de la lire et de l'entendre.

        • Je suis d'accord qu'il y a des problèmes de mémoire collective et d'interprétation historique, mais reste que le Québec (pour des raisons qui sont logiques) s'est décidé de se démarquer des «canadiens-français».

          Les franco-ontariens n'ont jamais décidé de devenir franco-ontariens.

          Et maintenant, deux générations plus tard, il existe un véritable schisme entre les réalités des francophones québécois et hors-québec. Un exemple du théorème de Thomas. (http://en.wikipedia.org/wiki/Thomas_theorem).

          En faisant leurs choix de société, les québécois depuis 1960 agissent dans une direction distincte. Même si dans les faits, un état québécois n'existe pas, il existe aujourd'hui une société québécoise plus ou moins distincte, par la force des choses.

          • Frédér

            @ Félix « […] mais reste que le Québec (pour des raisons qui sont logiques) s’est décidé de se démarquer des "canadiens-français".

            Les franco-ontariens n’ont jamais décidé de devenir franco-ontariens. »

            Les Québécois sont petit à petit devenus des Québécois parce que le nom Canadien francais faisait de moins en moins sens, de la même manière qu'ils étaient naguère devenus petit à petit des Canadiens francais parce s'appeler des Canadiens faisait de moins en moins sens.

            Je vais écrire quelque chose sur ça prochainement. J'avais dit à Christian que j'écrirais sur le mythe des origines de l'Ontario français, mais ça va attendre. Revenir sur 1967 me semble devoir passer en premier.

          • Tout ce beau gâchis n'est qu'une question de vocabulaire, tant qu'à moi.

        • Pensons Straite

          Ah oui. Sommes-nous donc tanné d'entendre de lamentations à propos des méchants saparatistes qui ont volé notre culture et notre identité et nous on laissés-là pour crever?

          Itsch on est loin de la coupe aux lèvres.

          • Aurélie Lacas

            Alors là vous vous plantez conplètement, moi comem gaulliste, j'au toujours su où mes allégeances étaient! Mais ils se trouve que je vis en Ontario depuis 10 ans, que je me déclare franco-ontarienne et qu'effectivement, on a le drot d'exister à coté de nos cousins québécois et d'avoir notre propre identité. Je n'ai rien contre les Québécois, mes filles le sont tout autant qu'elles sont franco-ontariennes et françaises (c'est comme ça qu'elles se définissent).

          • Aurélie Lacas

            Alors là vous vous plantez complètement les mecs, moi j'ai rien contre les Québécois, je suis gaulliste, j'ai donc toujours su où étaient mes allégeances. Mais cela fait 10 ans que je vis en Ontario et que je me déclare franco-ontarienne. Mes filles se définissent comme franco-ontariennes, québécoises et françaises. On a le droit d'exister et de se poser des questions nous aussi sur notre identité et notre avenir, tout comme nos cousins québécois.

          • BIBI

            Cessons de blâmer les Québécois, les séparatistes, les anglophones,les… et prenons-nous en mains enfin! Être Franco-ontarien c’est être francophone en Ontario; c’est grandir avec des bribes de culture, de langue, de religion, de régionalismes, de recettes, de farces, de chansons, de musique et d’activités vécus en français et de ramasser tout ça pour en faire une maudite bonne ratatouille tout en n’oubliant pas de bien l’assaisonner avec ses propres épices.

  • @Michel qui écrit «Je pense qu’une telle institution ne pourrait pas se dire franco-ontarienne si elle misait aussi fortement sur une clientèle québécoise»

    C'est aussi ce que je pense, et à mon avis, le problème de la sur-représentation québécoise n'existerait pas, à la fois pour les raisons que j'ai mentionnées plus haut et pour une autre raison, moins noble, qu'on pourrait appeler le snobisme québécois envers l'Ontario francais. Je imagine peu de jeunes Québécois choisir d'étudier en français en Ontario quand ils peuvent le faire tout aussi bien au Québec (et pour moins cher!).

    @Michel qui écrit «Etre Franco-ontarien, ce n’est pas la même chose à Kapuskasing, à Ottawa ou à Sudbury. Ce n’est même pas pareil entre Azilda et Minnow Lake».

    Exact! Et l'université pourrait justement contribuer à structurer autours d'axes communs la diversité des expériences et des mémoires. Être Franco-Ontarien ne signifie pas la même chose partout, mais il y abondemment de points communs, de passerelles entre les communautés; il y a quelque chose qui s'appelle «le groupement par référence franco-ontarien» (pour piquer à Jocelyn Létourneau un de ses concepts fétiches).

    À mon avis, Moncton est une base de comparaison intéressante. Moncton est viable, même si, en nombre absolument, il y a moins de francophones au NB, ou même dans toute l'Acadie, qu'en Ontario. Il y a surement des non-Acadiens inscrit à Moncton, mais ça n'empêche pas l'Université d'avoir une mission et des orientations nettes eu égard à l'Acadie.

    • Ce qui me fait penser à la sempiternelle question québécoise : « Tu es Franco-Ontarien? C’est curieux, tu n’as pas l’accent… » Pour laquelle je réponds toujours : « Quel accent? Le roucoulement de Sudbury? Le chiac de Chapleau? La jacasse de Kapuskasing? Le franglais de Welland? L’Ontario est une fresque linguistique où les accents sont aussi nombreux que les mentalités et les opinions. »

  • @Frédéric alors on est d'accord!

    @Pensons straite ce n'est pas une question ethnique. Un Franco-ontarien a un vécu semblable aux autres Franco-ontariens. Il est passé par ses institutions et ça fini là. C'est certain que la majorité des Franco-ontariens sont aussi Canadiens-français de l'Ontario, mais pas tous.

    Des Québécois dans la SEULE université franco-ontarienne, ce n'est pas une mauvaise chose. Cela dit, si les franco-ontariens constituent la minorité, l'UFO vient de perdre sa raison d'être. Comme le disait Félix, pourquoi ne pas rester dans les institutions « bilingues »?

  • Pourquoi revendiquer une université propre à nous si on ne recherche qu'une institution d'enseignement francophone?

    Ottawa baigne dans un marché médiatique québécois et jouit d'une forte influence québécoise. Quand on habite à Gatineau, que nos enfants vont à l'école au Québec, et qu'on regarde le bulletin d'informations TVA Outaouais, on a beau travailler dans la fonction publique fédérale mais on ne vit pas une réalité de franco-ontarien dans un milieu minoritaire. La Cité Collégiale, avec son haut taux d'étudiants québécois, ressemble en surface plus à un cégep qu'a un collège communautaire ontarien.

    En ce sens, une "université franco-ontarienne" à Ottawa me semblerait plutôt s'inscrire dans la tradition du nationalisme canadien-français plutôt qu'à une institution à caractère franco-ontarien. Pourrait-on parler d'une université Acadienne si l'université de Moncton se trouvait à Edmundston?

    Remarque que je serais moi-même plutôt partant pour une université de la francophonie canadienne, plutôt qu'une UFO. Les franco-ontariens n'existent pas à part dans le contexte d'une francophonie canadienne fracturée.

    • Amélie R

      "Pourrait-on parler d’une université Acadienne si l’université de Moncton se trouvait à Edmundston?"

      http://www.umoncton.ca/umce/

  • Et si on remettait au ministère de l'éducation du Québec la responsabilité d'éduquer les FHQ? Demanderait-on notre propre université si on rendait les universités québécoises plus accessibles aux jeunes franco-ontariens?

  • Comme l'a mentionné Frédéric, l'université de Moncton a une orientation claire à l'égard de l'Acadie. À quoi bon une université franco-ontarienne si elle n'a pas de vision claire sur la situation des franco-ontariens. On n'a pas besoin simplement d'une autre institution francophone.

  • Michel Dallaire

    Une chose paraît claire. On Ontario, le nombre nous aura toujours tué dans les universités bilingues, qu'il s'agisse de Laurentian ou d'Ottawa.

  • Geneviève

    Pour en revenir à l'article, j'ai un problème avec le commentaire: « Ça, ça devrait créer une petite gène aux linguistes du département d’études françaises de la Laurentienne; mais non même pas, rien.»

    Rien, vous dites? RIEN?!?! Et bien madame, pendant que vous faisiez vos études ailleurs qu'à UL, université vous offrant un baccalauréat en français dans votre ville natale, eux, les gens du département d'études français continuaient de livrer combat. Avez-vous même jamais pris le temps de leur parler à ces gens? De les écouter? Si oui, vous auriez tant appris sur les combats qu'ils ont mené et mènent encore d'ailleurs afin de pourvoir des programmes de qualité en français, et pas seulement le leur, PARTOUT à UL!! Il n'y a pas si longtemps, UL avait son programme de traduction (Études françaises), sa maîtrise en orthophonie (Études françaises), TOUS fermés par les administrateurs de UL!

    C'est seulement, et seulement lorsque les franco-ontariens se tiendront par la main qu'ils auront une force de frappe, comme Montfort, et qu'ils pourront crier victoire. En attendant, regardez autour de vous, le peu que l'on a, on se le fait retirer sous notre nez sans dire un mot.

    • J'ai récemment appris qu'en 2010-11, les inscriptions en français n'ont représenté que 13% des inscriptions totales aux cours donnés sur campus par l'Université de Sudbury. 13%! C'est pourtant de l'ancien Collège Sacré-Coeur dont on parle, autrefois un pilier de la reproduction sociale des Franco-Ontariens!

  • Laura

    Faut dire que l'auteure avait carrément raison lorsqu'elle a dit que le plan de la littérature fait dur à l'UL. Les francophones ce sont lutté pour avoir ces cours justement, mais là on se retrouve avec des cours qui n'inspirent pas. J'ai suivi le cours d'introduction, étant étudiant en théâtre et adorant le théâtre et la poésie. Je m'endormait quasiment! On m'introduisait des oeuvres comme s'ils étaient des bas dans un tiroir et non des oeuvres avec une pesanteur historique et une génie quelconque. D'ailleurs on nous a même fait lire un livre traduit de l'anglais dans un cours de littérature en français! Mes excuses, mais mon cours de littérature m'a fait perdre le goût pendant un long montant de temps de lire en français. Alors ne va pas dire que tu as honte d'entendre que c'est de la marde. Parce que ça l'est. Les étudiants faire un gros brouhaha pour un cours qui leur est méprisable, et tu compares ça à Montfort? Quelle histoire de merde!

    • Pensons Straite

      C'est un problème, donc. Lorsque "c'est de la marde" et on ne se mobilise pas pour la "flusher", on acquiesce à la présence de marde.

      De quoi réfléchir…

      • Laura

        Le monde qui prenne des cours de littérature, c'est des gens qui sont en études françaises pour avoir un Bac en "français" non un Bac en littérature. C'est là le problème.

      • Geneviève

        Tout à fait d'accord. Quand on ne se tient pas debout, bien droit, criant haut et fort « c'est de la marde » et bien effectivement, c'est comme donner notre accord.

        • Croaker

          Pourtant je ne vois pas une pancarte portant ton nom et ta cause lorsque je passe par l'UL. Je suis écoeuré que tant de gens soient hypocrites envers la cause francophone. Tu suggères une révolution, fait la. Sinon, arrête de te flapper les doigts contre ton clavier.

  • Laurent Vaillancourt

    Il devrait y avoir un prérequis pour étudier dans une université bilingue, être bilingue.

    • Pensons Straite

      Vous devriez le dire à l'U d'Ottawa qui croit autrement, et ce, since 1995.

    • Pas nécessairement. Prérequis c’est un peu fort. Je serais plus portée à encourager que dans une université bilingue le résultat soit d’être bilingue en recevant son diplôme. Je suis une étudiante bilingue dans une université bilingue et je vous l’assure que c’est encourageant de voir les anglophones et allophones découvrir et apprendre notre riche langue. En passant, pour obtenir un diplôme du Collège universitaire Glendon, campus de l’Université York, l’élève doit avoir compléter un certain nombre de cours dans les langues et doit avoir atteint un certain niveau de français ou d’anglais. Tant qu’à moi, c’est là le vrai trait bilingue d’une université. Puis, c’est là le vrai charme du Franco-Ontarien.

  • Pensons Straite

    "AURÉLIE LACASSAGNE

    22 février 2012 à 20 h 53 min

    Alors là vous vous plantez conplètement, moi comem gaulliste, j’au toujours su où mes allégeances étaient! Mais ils se trouve que je vis en Ontario depuis 10 ans, que je me déclare franco-ontarienne et qu’effectivement, on a le drot d’exister à coté de nos cousins québécois et d’avoir notre propre identité. Je n’ai rien contre les Québécois, mes filles le sont tout autant qu’elles sont franco-ontariennes et françaises (c’est comme ça qu’elles se définissent)."

    Planter? Non, non, non je refuse. Le commentaire n'est pas intéressé à l'identité, loin de là. Le commentaire s'intéresse à la critique des États généraux, une critique qui surgit lors des années 90, non pas des années 60, et ce, à partir de quelques rots faits à Sudbury et à Ottawa chez une élite masculine blanche âgée (ACFÉO). Elle est devenue un argument téléologique pour comprendre les relations entre le Québec et les francophones hors Québec et cache derrière elle des phénomènes beaucoup plus subtils et une tradition de solidarité qui va au-delà du récit accepté. D'ailleurs, les Acadiens ont voté pour l'autodétermination du Québec, ainsi que les jeunes franco-ontariens lors des États généraux. On l'oublie souvent, celle-là.

    Personne ici n'a parlé de droit (ou de non-droit) d'existence. Personne n'a réduit la légitimité d'une culture ou d'une identité sur une autre (sauf Félix en disant qu'Ottawa est plus canadien que franco-ontarien, "whatever that means"). Tout ça, c'est un faux débat.

    Ce qui est dit, toutefois, est qu'il faut cesser de prétendre qu'une institution postsecondaire cesserait d'être au service des Franco-Ontariens en raison d'une présence d'un autre groupe; aux fins du débat ici : québécois. Peu importe l'importance de l'inscription québécoise, sa vocation et sa gestion se feraient en terre ontarienne selon les besoins de la communauté.

    D'ailleurs, l'U d'O était majoritairement francophone en raison de l'inscription québécoise. Hé oh! on s'ennuie d'eux maintenant que les examens de compétences linguistiques pour les anglophones ont disparu durant les années 90. Eh! on s'ennuie aussi lorsqu'on est minoritaire et sans pouvoir dans tous nos campus.

    C'est qu'il y a, en Ontario français, quelques regrettables tendances. L'une d'entre elles est la méfiance ou le sentiment de rejet face au Québécois.

    Pour terminer cette pensée : le pouvoir, en Ontario français, on ne l'a jamais goûté. Et lorsqu'on choisira de l'obtenir, on pourra se doter de véritables institutions pour nous aider pour notre avenir collectif.

    • Les québécois ne sont pas le problème. Ça fait du bien de l'entendre. Je suis tanné qu'on leur mette ça sur le dos.

  • Elisabeth Labrie

    bon bon, revenons à l’article. Est-ce que l’université de Hearst peut devenir indépendante? Pourquoi (outre la raison « typique » de la complétude institutionnelle)? Ne fonctionne-t-elle pas actuellement à un niveau adéquat? Je n’y connais rien au niveau financier et toute la patante bureaucratique, mais une chose est certaine, U de H répond à une demande précise : « rendre les études universitaires accessibles aux francophones du nord-est de l’Ontario » (tiré de la Mission de l’U de H) Entre 1996 et 2009, le taux d’inscription varie entre 202 et 277, annuellement (Plan stratégique 2009-2020, 2009) Moi je trouve ça pas mal pour une petite institution qui doit jongler avec plusieurs défis et embuches…
    L’accessibilité est une des caractéristiques importante de l’U de H, et ce depuis le début de son histoire dans les années 50. On s’y inscrit soit pour parfaire des connaissances ou par intérêt, soit pour obtenir un BA à proximité du lieu de résidence, soit pour l’utiliser comme un tramplin aux études supérieures… Comme me l’a révélé un individu lors d’une entrevue « Si cette université la aurait pas existée, il y aurait une gang de gars du Nord de l’Ontario qui auraient jamais fait ce qu’ils ont fait. Des avocats, des dentistes, des médecins, des professeurs, ils auraient jamais jamais aboutit quelque part.. ». Alors qu’elle soit indépendante ou non, cela n’enlève rien à sa valeur sociale, historique, culturelle et éducationnelle. Moi je me dis, au lieu de consacrer effort, énergie, ressources humaines et $ sur une telle possibilité, U de H devrait simplement continuez dans la multiplication de ses efforts (comme ceux présentés dans le plan stratégique 2009-2020) dans le but de continuer à répondre à leur mission : déservir,avec un enseignement de qualité, la population francophone sur le vaste territoire nord-ontarien. De toute façon, cette institution, selon son plan stratégique, n’a pas comme intention de laisser tomber les liens avec la Laurentienne puisque « L’entente d’affiliation à l’Université Laurentienne a toujours été vue par l’Université de Hearst comme un partenariat solide et fructueux » (Plan stratégique 2009-2020, 2009:17).

    • Pensons Straite

      Excellente intervention.

      Je crois qu’il y a une difficulté fondamentale lorsqu’on parle de l’Université franco-ontarienne (donc provinciale) et qu’on la problématise à l’Université de Hearst (une université régionale). C’est que la mission de Hearst n’est pas de desservir l’Ontario en entier, ce qui fait que, indépendante ou pas, on n’a toujours pas une institution postsecondaire provinciale qui répond aux besoins d’une population de 600 000 francophones.

      Et si on cri victoire avec l’UdH, avec tant d’amour qu’on peut lui avoir, on a manqué un peu le bateau pour le reste de la province…

  • Simon Gingras

    Eh bien merci pour cet article qui soulève plusieurs questionnements sur le statut des études universitaires pour l’étudiant francophone vivant en Ontario.

    Merci aussi pour la visibilité! Je ne me cacherai pas, j’enseigne à l’Université de Hearst. Ceci dit, j’adhère au point de vue d’Aurélie à l’effet que l’idée de faire de l’Université de Hearst une institution indépendante à part entière devrait faire débat, autant à l’externe (comme ici) comme à l’interne (ce qui n’est pas gagné d’avance).

    En ce qui concerne l’idée de l’UFO je crois que c’est une excellente idée. Il y a du potentiel, mais j’entends déjà les institutions se battre pour le financement et la possibilité de conserver leurs programmes pour toutes sortes de raisons. Si UFO il y aura, c’est qu’il y aura de la volonté politique innovatrice.

    Autre chose, oui l’université de Hearst est à l’autre bout de l’écoumène. Oui, promouvoir l’Université de Hearst à l’extérieur de la région du Nord-Est vient à contrecourant du mouvement de métropolisation des populations. Mais il reste que jusqu’à maintenant, c’est l’une des rares institutions universitaires en Ontario qui sont « pures » au niveau de la langue française. C’est un atout sous-exploité selon mon humble avis. Pourquoi ne pas construire sur cet exceptionnalisme? C’est vrai qu’il est bien plus facile de critiquer (euphémisme) l’institution sous le couvert d’un pseudonyme.

    M’enfin. J’oserais presque suggérer à l’élite franco-ontarienne, celle qui est tannée de l’approche de l’incrémentation, de tenter de convaincre ses ouailles de venir étudier dans le « vrai » Nord si le projet de l’UFO ne prend pas naissance. C’est beaucoup demandé, je sais…

    • Pensons Straite

      La problématique est immense.

      Ce n’est pas tous le monde qui aime se déraciner pour les études. Convaincre quelqu’un de Windsor d’aller à Hearst pour faire des études dans la fourchette de programmes restreints de Hearst, bien qu’admirable, pose difficulté.

      D’ailleurs, le manque de programme d’études supérieures est tout aussi problématique. Il nous faut une faculté de sciences humaines/sociales forte jusqu’au doctorat afin de promouvoir la recherche sur l’Ontario français et la francophonie canadienne.

      Au final, il ne faut pas cesser de parler d’UFO, peu importe sa forme. Le problème, c’est qu’on a arrêté d’en parlé! Voilà au moins un pas franchi, pour maintenant.

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  • Lâchez pas les franco-Ontariens, vous méritez des institutions universitaires qui se tiennent.

    Les anglophones du Québec ont trois universités. Pas des pavillons partiels dans une université de la majorité linguistique, non, trois vraies universités. L’Ontario peut bien rajouter un peu de substance au réseau universitaire francophone me semble! En 2013 le Canada est toujours pas capable d’assurer l’égalité de traitement des minorités linguistiques.

    Au Québec, les anglophones reçoivent 29% du financement universitaire au Québec (pour 9% de la population). Oui oui, vous avez bien lu, les francophones sont défavorisés partout. C’est difficile de vivre en français quand les institutions travaillent contre lui.

    Les franco-Ontariens ont quelle part des ressources, eux-autres? Peut-être que si les francophones hors-Québec étaient aussi bien traités que les anglo-Québécois on arrêterait de voir des 40, 60, 70% d’assimilation par génération.

    Je l’sais que les franco-Ontariens sont écoeurés de se faire parler d’assimilation, mais c’est pas en faisant semblant que tout est rose qu’on va pouvoir se battre pour le respect du français.