Ceci est un cri d’alarme.

Ce qui était supposé être une discussion sur l’implication de la jeunesse franco-ontarienne a vite viré en cri d’alarme de la génération d’aujourd’hui lors d’une table ronde à l’émission Boréal Express à CBON Radio-Canada le 26 janvier dernier.

De l’institutionnalisation de la culture au point de la rendre stérile, à la campagne « Start en français » du CSCNO qui encourage une dangereuse tendance vers la transformation de nos écoles françaises en écoles d’immersions, en passant par le tabou de la fusion des conseils scolaires pour éviter notre suicide collectif, Michel Laforge, Serge Dupuis et Christian Pelletier n’ont pas mâchés leurs mots!

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En terminant, voici une citation d’Antoine Paplauskas Ramunas dans Le Droit en 1971 qui résume bien la crise d’aujourd’hui.

« La jeunesse va toujours ressentir et rejeter un style de la vie et un système instructionnel qui, à ses yeux, semblent être trop mécanisés, dépersonnalisés, déshumanisés, unidimensionnels. Un jour, la situation de l’enseignement mécanisé et surmécanisé peut devenir explosive et même tout à fait incontrôlable, si la nécessité, l’importance, le rôle professionnel, le talent et la préparation appropriée de l’éducateur seraient oubliés ou négligés. »

— Antoine Paplauskas Ramunas, L’éducateur en 1970-2000, Le Droit, le 8 mars 1971


Image : Étudiants de Londres pendant une simulation d’attaque aérienne, 20 juillet 1940

  • Les tribunaux, souvent si utiles, ont cette fois-ci fait entrer un cheval de Troie dans le système scolaire avec les ayant-droit.

  • L'existence et la présence de ces ayant-droit me laisse perplexe depuis mon arrivée à Sudbury. Il y a quelque chose de fondamentalement retors à forcer une minorité à accommoder la majorité. Parmi les élèves, l'éducation et la progression de la majorité se voient rythmées par celles d'une minorité. On qualifierait volontiers la situation de carnavelesque au sens rabelaisien du terme, si cette étiquette ne masquait pas la profonde injustice que la présence imposée des ayant-droit a fait naître. Le droit n'a pas toujours grand-chose à voir avec la justice.

  • Gabriel Grenier

    "Quand le français est rendu minoritaire dans nos écoles, c'est pas un problème?" … Ça devrait même pas être une réalité, ça.

  • Aurélie Lacas

    Tout à fait d'accord avec toi Frédéric, le problème ce sont les ayant-droits. Je vois des Anglophones qui font l'effort de parler français à l'école, avec que les parents "ayant des droits" n'en font aucun.

  • Geneviève

    Pensez-vous vraiment que c'est seulement depuis la campagne « start en français » qu'il y a un problème dans nos écoles?

    Et bien non. Le conseil scolaire est seulement "franc" maintenant avec ce qui se passe.

    Quand en maternelle (4 ans), on se retrouve avec 15 anglophones (enfants qui ne parlent pas un mot français), 4 enfants "bilingues" et 2 francophones et que l'enseignante donne ses instructions en anglais puis ensuite en français «parce que les tout petits pleurent. Ils ont peur. Ils ne comprennent pas», et bien c'est de l'injustice pour les francophones. Ceux qui prennent le temps, la peine, qui ont la fierté de leur langue et de leur culture.

    Ça fait au moins 10 ans que ça se passe dans nos écoles.

    Le débat d'une université francophone vient rejoindre directement le débat de nos écoles primaires.

    13% vous dites, les inscriptions aux études universitaires? c'est un vrai miracle d'avoir un chiffre si haut avec toute l'assimilation que nos enfants vivent en salle de classe, et ce, dès le primaire.

    • Aurélie Lacassagne

      D’accord avec vous Geneviève, la priorité ce sont les écoles, et même la maternelle. J’en ai marre qu’on utilise mes filles pour soi-distant franciser les petits anglos (bien gentils au demeurant)… alors qu’en réalité, ce sont mes filles qui se font angliciser!

  • Penses-tu vraiment qu'on pense que le problème existe seulement depuis le début de la campagne start en français?

    Les conseils scolaires ont besoin de "remplir" leurs écoles; c'est logique, s'il ne reste plus d'élèves francophones, il n'y a plus d'écoles francophones. Ce qui est triste, et ce que l'on décrie ici c'est qu'on vise directement ces anglophones, au dépend des élèves francophones, au nom du biliguisme institutionnel.

    Si ça marchait vraiment, et que les anglophones ayant passé dans une école française devenaient francophones ou au moins francophiles, on ne sonnerait pas d'alarme. La réalité c'est que les écoles francphones et les écoles d'immersion ont une fonction plus ou moins semblable, malgré les intentions différentes des deux système.

    On créé aussi plein de faux-bilingues, ce qui est un autre problème complètement.

  • Croaker

    Une école privée francophone?

  • Arthur Laliberté

    Que faites vous de l’article 23 qui garantit l'éducation francophone aux ayants droit! Forcément, les écoles francophones sont le reflet des communautés francophones et de la tendance des francophones de ne plus limiter leur accouplement entre franco. Réveillez vous… proposez-vous une ségrégation ethnique ou encore une forme d'épuration franco-nostalgienne!?

    • Aurélie Lacassagne

      Pas du tout c’est justement la loi sur les ayant-droits qui est ethnique!!! Moi je propose un test de compétences linguistiques à l’entrée en maternelle. Si les parents veulent vraiment que leurs enfants aillent à l’école française, ils devraient faire l’effort de leur apprendre les rudiments dès leur plus jeune âge.

      • @ Aurélie – Je ne l’aurais pas dit autrement. Malheureusement, touy test de compétence linguistique s’inscrit en contradiction directe avec la notion d’ayant-droit. J’entends déjà les parents et leurs avocats : « A right is a right is a right! ».

        Cette notion d’ayant-droit a complètement déréglé le système. C’est foutu.

  • Jacques Dumézil

    Pourquoi ne pas faire des groupes de niveaux dans les écoles ? Ainsi, les « ayants-droits » au niveau de français faible ne freineraient pas les vrais francophones.
    Quoi qu’il en soit, c’est un problème de riches. Il vaut mieux trop d’élèves dans les écoles françaises que des écoles vides.
    Quant à un test de compétence en maternelle, cette solution me semble abominable. « Tester » (et donc en partie exclure) des bambins comme des adultes, alors que l’école devrait être le premier contact avec la société, l’ouverture vers autrui et vers le monde, me parait dangereux. Et également infaisable.

  • Jacques Dumézil

    « Start en français », c’est au moins aussi laid que « je french mon vote ». Je ne comprendrais jamais ces initiatives intempestives d’une élite ottawaise qui semble penser que les franco-ontariens sont des demeurés incapables de parler français correctement.
    C’est bien que ce site existe pour prouver le contraire.

  • @Jacques Dumézil qui écrit « Quoi qu’il en soit, c’est un problème de riches. Il vaut mieux trop d’élèves dans les écoles françaises que des écoles vides.»

    Je ne pense pas que ce soit un problème de riches, non. Et l’idée voulant qu’il vaille mieux avoir trop d’élèves que pas assez vaut surtout si les faibles (du point de vue de la connaissance du français, dans ce cas-ci) ne ralentissent pas les forts, si le programme et l’enseignement au quotidien ne sont pas donnés en fonction de ceux qui ne comprennent pas.

    En fait, votre solution prônant des groupes séparés me semble raisonnable de prime abord. Mais s’il n’y a aucune forme de test de compétences linguistiques, comment allez-vous décider de placer un enfant dans le groupe «français faible» ou dans l’autre groupe?

  • Jacques Dumézil

    Je laisse les enseignants décider de ces groupes. Subjectivement. Ce sont eux les premiers concernés.

  • Aurélie Lacassagne

    Mais quelle différence entre tester les gamins à l’entrée et faire des groupes de niveaux. Pour faire des groupes de niveaux, il faudra bien des tests! je vous donne un exemple de l’absurdité du système: dans l’école de ma petite dernière, deux classes de maternelle. Dans chacune 50 % de petits Anglos, 50% de petits Francos. dans les salles, on peut deux petits Francos et deux petits Anglos en demandant à nos gamins de franciser les autres. Non mais ça va pas la tête: pourquoi n’ont-ils pas fait une classe de franco et une classe d’anglo?!

  • Jacques Dumézil

    Tester des gamins à l’entrée, c’est en exclure une partie. C’est aussi du stress supplémentaire.
    Avec des groupes de niveaux, que l’enseignant choisit ou non de mettre en place, et selon ses propres critères, il peut faire progresser chaque élève à son rythme. Évidement, ce système ne vaudrait pas pour toutes les matières, où tout les exercices.

    Je conviens volontiers que ce système a ses limites, je n’y tien pas mordicus. Mais je m’opposerai toujours à un test d’entrée dans les écoles de maternelles. Les enfants auront ce type de tests toute leur vie. Laissez leur un peu de répit !

  • Jacques Dumézil

    « où tout les exercices » Moi aussi, il faudrait que je retourne à l’école…

  • Arthur Laliberté

    L’article 23 donne accorde le droit à l’éducation francophone au parent qui rencontre les exigences. Dès lors, l’enfant ne devra subir aucun examen. Ceci étant dit, il est évident que les regroupements linguistiques sont souhaitables,surtout si les chiffre le permet. Malheureusement, dans ma communauté, les franco dominants sont nettement minoritaires. En contrepartie, l’article 23 permet de récupérer la génération perdue qui n’a pas pu profiter de l’éducation francophone. On refrancise les familles. Ce qui importe surtout, c’est les gestes concrets posés par les commissions scolaires pour franciser, appuyer ces enfants qui ne parlent pas le français, et motiver les enfants qui maîtrisent déjà le français.

  • On ne francise presque personne, qu’on arrête donc de se conter des histoires…